Le taux de pénétration de l’assurance en Côte d’Ivoire stagne sous la barre des 1,5 %. L’assurance y reste perçue comme un service complexe, onéreux et difficile d’accès.
Pour inverser cette tendance à la faible pénétration de l’assurance en Côte d’Ivoire, le directeur du développement commercial de la compagnie Belife Insurance, , Mamery Silué, a formulé des propositions audacieuses. Lors d’un petit-déjeuner de presse, il a débattu ce mercredi 24 juin 2026, avec les journalistes, de la préparation des Ivoiriens face aux imprévus.
À l’instar de la législation sur l’automobile, le responsable commercial préconise de rendre obligatoires certaines garanties de l’assurance-vie, notamment celle couvrant les frais de funérailles. Il déplore le fait que de nombreuses familles se ruinent d’abord pour soigner un proche, avant de devoir supporter d’importantes dépenses financières supplémentaires lors des obsèques si ce dernier décède.
Pour y remédier, Mamery Silué suggère d’adosser une garantie complémentaire à la Couverture maladie universelle (CMU, rendue obligatoire par l’Etat) afin de prendre en charge immédiatement les frais de conservation du corps, de cercueil et de transfert.

Face à l’obligation de scolariser tous les enfants, en Côte d’Ivoire, il fait observer que ce système ne protège pas les élèves en cas de drame familial. Il soulève la question de la prise en charge de l’enfant si ses parents viennent à disparaître.
Il propose ainsi d’inclure un prélèvement de 1 000 F CFA dans les frais d’inscription pour qu’un assureur finance les études de l’élève orphelin, une solution solidaire qui nécessite une concertation entre l’État et le secteur des assurances.
Aujourd’hui, la compagnie d’assurance mise sur la technologie pour démocratiser ses services. L’entreprise lancera sous peu une plateforme de souscription 100 % digitale. Les usagers pourront y suivre l’évolution de leurs prestations directement en ligne.
Présent à cette rencontre, Marius Comoé, le président du Conseil national des organisations de consommateurs de Côte d’Ivoire, a rappelé de prime à bord le rôle fondamental d’une association de consommateurs.
Il a souligné que le rôle d’une association de consommateurs réside dans la promotion des textes de loi et la défense rigoureuse des intérêts des consommateurs, sans pour autant chercher à se positionner en adversaire des autorités publiques ou des opérateurs économiques.

« Loin de vouloir mobiliser les Ivoiriens dans la rue, notre démarche privilégie le dialogue direct avec les pouvoirs publics afin de soumettre des solutions concrètes aux difficultés des usagers, tout en ayant un regard critique sur la gestion des affaires publiques et des entreprises privées délégataires de services de l’État », a-t-il dit.
« Notre mission essentielle consiste à évaluer de manière objective si les offres et les prestations commerciales mises à la disposition de la population répondent véritablement aux attentes réelles des consommateurs », a-t-il poursuivi.
Selon Marius Comoé, les compagnies d’assurance se doivent d’inspirer confiance et d’afficher une transparence totale, prouvant ainsi leur capacité financière et opérationnelle à honorer leurs engagements lors du règlement des sinistres, plutôt que de se limiter à de simples promesses commerciales.
Constatant que les clauses contractuelles restent fréquemment « mal expliquées », il insiste sur le fait que la transparence pédagogique doit s’imposer au cœur de l’activité assurantielle pour permettre à chaque usager d’en comprendre parfaitement tous les tenants et les aboutissants.
AP/Sf/APA







