La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a remis, mardi, des équipements pédagogiques d’une valeur de 172 millions de FCFA au Laboratoire de contrôle des médicaments vétérinaires (LACOMEV) de l’École inter-États des sciences et médecine vétérinaires (EISMV) de Dakar.
Face à la circulation de médicaments vétérinaires de mauvaise qualité et aux risques liés aux résidus chimiques dans les denrées d’origine animale, la Cédéao et la Banque mondiale renforcent les capacités du LACOMEV afin d’améliorer la surveillance sanitaire dans la sous-région.
Financée dans le cadre de la deuxième phase du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS-2), cette dotation vise à renforcer le contrôle de la qualité des médicaments vétérinaires et la sécurité sanitaire des aliments d’origine animale.
« Les questions de l’élevage et les questions vétérinaires sont au cœur de nos préoccupations, de notre ambition et de nos promesses communautaires », a déclaré le Commissaire aux affaires économiques et à l’agriculture de la Cédéao, Dr Khalilou Sylla.
Selon lui, l’enjeu dépasse la seule santé animale. Il a souligné le rôle stratégique de l’élevage dans la stabilité du Sahel, la sécurité alimentaire et la réduction du déficit en protéines en Afrique de l’Ouest.
Le responsable communautaire a également mis en avant l’importance de l’harmonisation des formations vétérinaires et du renforcement des capacités de contrôle pour accompagner la libre circulation des produits dans l’espace Cédéao.
Au-delà de cette remise d’équipements, l’appui régional à l’EISMV a permis, ces deux dernières années, l’harmonisation des curricula et des référentiels des diplômes vétérinaires, ainsi que la réalisation d’études comparatives sur les législations nationales en matière de santé animale et de commerce du bétail.
L’ensemble de ces interventions représente plus de 400,6 millions de FCFA.
Pour la Banque mondiale, partenaire financier du programme, l’objectif est de soutenir durablement le développement de l’élevage dans la région.
« À travers ces différents programmes, nous voulons soutenir les activités d’élevage pour répondre aux besoins des populations d’Afrique de l’Ouest en protéines et en aliments d’origine animale », a expliqué Franck Berthe, spécialiste principal en agriculture et responsable du PRAPS.
Mobilisant près de 500 millions de dollars sur plus de douze ans, le programme repose sur trois piliers : la santé animale, la gestion durable des espaces pastoraux et le développement d’activités génératrices de revenus pour les communautés.
À l’EISMV, cet appui est perçu comme un levier pour renforcer la recherche, la formation et les prestations scientifiques.
« Un laboratoire moderne n’est pas seulement un outil d’analyse. Il est un espace de formation, de recherche, d’innovation et de prestation de services à la communauté », a souligné la professeure Mireille Kadja, représentante du directeur général de l’établissement.
Les nouveaux équipements permettront d’améliorer les capacités analytiques du LACOMEV, de renforcer le contrôle des médicaments vétérinaires circulant dans la sous-région et de mieux détecter les résidus médicamenteux présents dans les denrées d’origine animale.
Selon Mme Kadja, ils contribueront également à améliorer la formation pratique des étudiants et à offrir aux chercheurs un environnement conforme aux standards internationaux.
ARD/te/Sf/APA







