Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a présenté à Rabat les principaux axes de la stratégie africaine du royaume, articulée autour de l’intégration régionale, des infrastructures continentales et du co-développement.
Le ministre marocain a détaillé lundi à Rabat les fondements de la politique africaine du Maroc à l’occasion de la Journée de l’Afrique, dans un contexte marqué par l’intensification des initiatives diplomatiques et économiques du royaume sur le continent.
Le responsable marocain a exposé ce qu’il a présenté comme les cinq piliers de la vision portée par le roi Mohammed VI, centrée sur l’appartenance africaine du Maroc, le partenariat économique, la coopération sécuritaire et le lancement de projets régionaux structurants.
Prenant la parole lors d’une rencontre organisée dans la capitale marocaine, M. Bourita a insisté sur une approche fondée sur «l’optimisme» et la «confiance dans le potentiel africain», affirmant que Rabat privilégie des partenariats «gagnant-gagnant» éloignés des rapports de force traditionnels. Le ministre a également mis en avant la dimension multidimensionnelle de cette stratégie, couvrant les volets diplomatique, économique, sécuritaire, religieux et humanitaire.
Cette orientation s’est traduite, selon les chiffres avancés par le ministère, par la signature de près de 1.800 accords bilatéraux avec des pays africains, dont 1 400 depuis l’accession au trône du roi Mohammed VI. Le souverain marocain a par ailleurs effectué 53 visites officielles dans plus de 30 pays africains depuis le début de son règne. Rabat affirme également partager ses expériences sectorielles avec plusieurs États africains à travers des programmes de formation accueillant chaque année plus de 1 200 cadres africains dans une centaine de cycles spécialisés.
Le ministre a également mis l’accent sur les grands projets régionaux soutenus par le Maroc, notamment l’Initiative Atlantique destinée à faciliter l’accès des pays sahéliens à l’océan Atlantique, ainsi que le gazoduc Nigéria-Maroc, vaste projet énergétique reliant treize pays africains du littoral atlantique. Rabat considère ces projets comme des instruments d’intégration économique continentale et de sécurisation des chaînes logistiques régionales.
Sur le plan économique, le ministre marocain a rappelé que le royaume demeure le premier exportateur automobile du continent africain ainsi que le principal exportateur africain de phosphates. Il a également souligné le rôle du complexe portuaire Tanger Med, présenté comme le premier port à conteneurs d’Afrique. Cette stratégie de connectivité accompagne l’ambition marocaine de renforcer sa position comme plateforme d’échanges entre l’Europe, l’Afrique et l’Atlantique.
L’enseignement supérieur constitue un autre levier mis en avant par Rabat. Selon M. Bourita, près de 60 000 étudiants africains poursuivent actuellement leurs études au Maroc, dont plus de 20 000 dans le cadre de programmes de coopération. Pour l’année universitaire 2025-2026, le royaume affirme avoir accordé 5 500 bourses à des étudiants africains.
Abordant les enjeux sécuritaires, le responsable marocain a insisté sur le rôle du royaume dans les opérations de maintien de la paix et sur son soutien à «l’intégrité territoriale» des États africains. Concernant le Sahara, M. Bourita a affirmé que le soutien d’une majorité de pays africains au plan d’autonomie marocain renforçait la position de Rabat dans le processus conduit sous l’égide des Nations Unies.
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