Les députés sénégalais ont adopté, lundi, le projet de loi portant Code du sport, un texte qui abroge et remplace la Charte du sport de 1984. Cette réforme vise à doter le Sénégal d’un cadre juridique modernisé, adapté aux exigences actuelles de gouvernance, de professionnalisation et de développement du secteur sportif.
Un nouveau Code du sport a été adopté par les députés sénégalais, à une large majorité de 136 voix pour et une abstention, sur 137 députés votants, dont 32 par procuration. Aucun vote contre n’a été enregistré.
Présentant le projet de loi devant les parlementaires, la ministre de la Jeunesse et des Sports, Khady Diène Gaye, a salué une « opportunité historique » pour le pays. Selon elle, ce nouveau cadre traduit l’engagement des autorités en faveur d’un sport « moderne, inclusif et porteur de valeurs communes ».
Elle a estimé que cette réforme permet de « tracer les contours d’un avenir prometteur pour le sport sénégalais », en mettant en avant son rôle dans la cohésion sociale, la citoyenneté et le développement économique.
Un cadre juridique modernisé et structuré
Le nouveau Code du sport, composé de onze chapitres et 71 articles, consacre le droit de chaque citoyen à la pratique sportive, désormais considérée comme une mission de service public impliquant l’État, les collectivités territoriales et le secteur privé.
Il introduit également de nouveaux mécanismes de gouvernance, notamment l’agrément, la délégation de pouvoirs, les conventions d’objectifs ainsi que la création d’une Commission nationale du sport de haut niveau, afin de renforcer la transparence et la redevabilité dans le secteur.
Le texte met aussi l’accent sur la professionnalisation du sport avec la reconnaissance des sociétés sportives, des agences sportives et des ligues professionnelles. Ces innovations visent à structurer davantage l’économie du sport et à favoriser la création d’emplois.
Lutte contre le dopage et encadrement renforcé
Le Code érige par ailleurs la lutte contre le dopage en priorité, en alignant la législation nationale sur les standards de l’Agence mondiale antidopage. Il prévoit également des sanctions contre les violences, le racisme, la xénophobie et les discours de haine dans les enceintes sportives.
Des mécanismes alternatifs de règlement des litiges sportifs sont également introduits, en lien avec le Comité national olympique et sportif sénégalais, afin de faciliter des résolutions plus rapides et spécialisées des conflits.
La ministre a insisté sur la nécessité d’un accompagnement du texte par des décrets d’application élaborés en concertation avec les acteurs du secteur, pour garantir son efficacité sur le terrain.
Elle a enfin estimé que l’adoption de ce Code constitue un « acte de foi dans la jeunesse sénégalaise » et une étape importante dans la valorisation du sport national.
TE/Sf/APA







