L’opposition somalienne hausse le ton face au pouvoir en place, contestant la durée du mandat présidentiel et menaçant de ne plus reconnaître l’autorité de Hassan Sheikh Mohamud à partir de la mi-mai, sur fond de blocage électoral.
Les dirigeants de l’opposition somalienne ont déclaré jeudi que le mandat du président Hassan Sheikh Mohamud prendra fin le 15 mai et qu’ils ne le reconnaîtront plus comme chef de l’État après cette date, dans un contexte de profond désaccord politique sur le calendrier électoral.
Cette position intervient dans un climat de tensions croissantes entre le pouvoir et l’opposition autour de l’organisation des prochaines élections.
Elle entre directement en contradiction avec celle du Premier ministre Hamza Abdi Barre, qui estime que le mandat présidentiel reste valable au-delà de cette échéance.
S’exprimant devant des journalistes à Mogadiscio, depuis la résidence de l’ancien président Sharif Sheikh Ahmed, le député de l’opposition Yusuf Gamadid a affirmé que le chef de l’État perdrait toute légitimité si son mandat arrivait à expiration sans accord politique sur la tenue des élections.
Dans ce cas de figure, a-t-il ajouté, M. Mohamud serait considéré comme un ancien président à partir du 15 mai 2026, et non comme un président en exercice.
Une autre figure majeure de l’opposition, Abdirahman Abdishakur, a récemment averti que le bloc de l’opposition pourrait organiser un processus électoral parallèle et mettre en place une administration concurrente en l’absence de consensus politique.
Cette menace fait écho aux positions exprimées lors de la conférence de Kismayo l’an dernier, au cours de laquelle les leaders de l’opposition avaient évoqué la possibilité de mécanismes politiques alternatifs.
De son côté, le Premier ministre Hamza Abdi Barre rejette l’idée selon laquelle le mandat présidentiel s’achèverait en mai, affirmant qu’il est de cinq ans conformément à la Constitution provisoire de 2012, ainsi qu’à la nouvelle Constitution adoptée récemment. Selon cette interprétation, le mandat actuel courrait donc pour une année supplémentaire.
Dans la pratique, la vie politique somalienne a généralement respecté des mandats de quatre ans pour la présidence et le Parlement, conformément à la Constitution provisoire.
En 2021, le président Hassan Sheikh Mohamud avait lui-même appelé son prédécesseur Mohamed Abdullahi Mohamed, dit « Farmajo », à quitter ses fonctions après l’expiration de son mandat de quatre ans.
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