Sept pays africains, réunis à Abidjan, réfléchissent sur une harmonisation des méthodes de dépistage pour faire reculer le cancer du col de l’utérus, qui demeure l’une des principales causes de mortalité féminine sur le continent.
Durant trois jours, du 14 au 16 avril 2026, Abidjan se transforme en centre névralgique de la lutte contre le cancer du col de l’utérus. Sept pays (Côte d’Ivoire, Togo, Cameroun, Guinée, Madagascar, Burundi, Bénin) unissent leurs efforts pour repenser leurs stratégies de dépistage du cancer du col de l’utérus, un fléau encore trop meurtrier sur le continent.
Organisée dans le cadre du programme SUCCESS, avec le soutien d’UNITAID et de L’Initiative, cette rencontre inédite de la Communauté de pratiques et de savoirs (CoSaV) regroupe experts médicaux, acteurs communautaires et institutions autour d’un objectif commun : rendre la prévention et le dépistage plus accessibles, efficaces et adaptés aux réalités locales.
Malgré les progrès médicaux, le dépistage se heurte encore en Afrique à des obstacles persistants : coût des soins, manque d’information et pesanteurs socioculturelles. Pour Joachim Kablan, chargé du plaidoyer du programme SUCCESS, l’objectif de ce sommet est de « transformer les expériences de terrain en solutions concrètes et coordonnées à l’échelle régionale. »
Cette volonté de pragmatisme s’est traduite par la création d’outils de sensibilisation innovants, pensés pour coller aux réalités locales. Parmi eux, une boîte à images adaptée et, surtout, une vidéo de prévention traduite en 14 langues africaines afin de toucher les populations au-delà des barrières linguistiques.
Au fil des ateliers et des échanges, les participants ont confronté leurs pratiques et identifié des approches prometteuses. De ces travaux émergent quatre outils clés : des supports de sensibilisation ciblés pour encourager le dépistage, une boîte à images adaptée aux contextes socioculturels, une vidéo traduite en 14 langues africaines pour élargir l’accès à l’information, et un guide pratique destiné aux professionnels pour améliorer l’accompagnement des patientes.
Les experts recommandent, en outre, la formation avec l’intégration systématique de la prévention dans le cursus des professionnels de santé, ainsi que l’engagement communautaire afin de faire des acteurs locaux les premiers ambassadeurs du dépistage et de la vaccination.
Les participants ont insisté sur la disponibilité des tests et traitements dans les listes nationales de médicaments essentiels. Concernant le financement, ils exhortent les Etats à sécuriser des budgets nationaux et viser l’intégration dans la couverture maladie universelle.
Par ailleurs, les experts souhaitent une amélioration de la collecte des données pour mieux piloter les politiques publiques. Pour Élise Nédelec, participante à la rencontre, c’est précisément cette « diversité des regards » qui permettra de bâtir des réponses efficaces.
Le message de clôture de ce sommet d’Abidjan est sans équivoque : face à l’urgence sanitaire, car seule une action collective et harmonisée pourra inverser la courbe de la maladie. Les bases d’une riposte africaine commune sont désormais posées.
AP/Sf/APA







