Un nouveau corridor multimodal reliant Abidjan, Bobo-Dioulasso et Bamako, annoncé le 9 avril 2026, a été ouvert afin de faciliter l’acheminement des marchandises vers le Mali et de renforcer la sécurité de ses flux commerciaux, dans un contexte de forte dépendance aux routes régionales pour ses importations.
Africa Global Logistics (AGL) a officialisé l’ouverture d’un nouveau corridor commercial, qui combine le transport ferroviaire entre Abidjan et Bobo-Dioulasso et le transport routier jusqu’à Bamako. Le dispositif s’appuie sur le port sec de Bobo-Dioulasso, appelé à servir de point de transit avant la redistribution des cargaisons vers le marché malien.
Pour le Mali, l’enjeu est directement économique. Pays enclavé, il dépend fortement des corridors régionaux pour l’approvisionnement en denrées alimentaires, hydrocarbures, matériaux de construction, équipements industriels et produits manufacturés. Les axes Bamako–Abidjan et Bamako–Dakar figurent parmi les principales voies d’accès aux importations, ce qui fait de toute amélioration logistique un sujet suivi de près par les opérateurs économiques.
Le nouvel axe s’inscrit dans une architecture régionale déjà structurée. Le corridor Abidjan–Ouagadougou couvre environ 1 153 kilomètres, avec un coût moyen estimé à 81 dollars par tonne, selon des données régionales sur les flux de fret en Afrique de l’Ouest. À titre de comparaison, le corridor Dakar–Bamako s’étend sur 1 115 kilomètres pour un coût évalué à 54 dollars la tonne, ce qui donne une idée du poids du transport dans la formation des prix sur le marché malien.
Le maillon burkinabè prend une place stratégique avec l’autoroute Ouagadougou–Bobo-Dioulasso, longue de 332 kilomètres, pour laquelle près de 200 milliards de FCFA ont été inscrits au budget 2026. Cette infrastructure doit améliorer la rapidité du transit entre le port d’Abidjan, Bobo-Dioulasso et Bamako, en réduisant les délais d’acheminement du fret.
Le dispositif repose sur une capacité initiale annoncée de 20 conteneurs par mois, appelée à augmenter avec la montée en charge des flux. Les marchandises transitent par le port sec de Bobo-Dioulasso, où elles sont regroupées avant leur acheminement routier vers Bamako. AGL précise qu’un système d’escorte sécurisée accompagne les cargaisons jusqu’à la frontière malienne afin de garantir la traçabilité et l’intégrité des expéditions. Des opérations tests ont déjà été réalisées pour un client industriel, selon l’opérateur.
Le projet repose sur un opérateur d’envergure continentale. AGL revendique une présence dans 51 pays africains, avec 23 000 collaborateurs, 24 concessions portuaires et deux concessions ferroviaires. Ces données donnent la mesure du poids logistique du groupe sur le continent et de sa capacité à structurer des chaînes d’approvisionnement régionales.
Pour les importateurs maliens, la question du coût du transport reste centrale, celui-ci influençant directement les prix à la consommation. La fluidité de ce corridor pourrait ainsi peser sur les délais de livraison et la disponibilité des produits, notamment pour les biens à forte rotation.
Cette ouverture s’inscrit dans une politique plus large de diversification des accès logistiques du Mali, déjà engagé sur plusieurs axes régionaux. Pour les acteurs économiques, la liaison Abidjan–Bobo-Dioulasso–Bamako pourrait rapidement devenir l’une des routes majeures de l’approvisionnement du pays.
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