Le Conseil des ministres a adopté, ce mercredi 15 avril 2026, une communication relative à l’introduction du transport par barges dans les eaux portuaires. Objectif affiché : décongestionner la zone portuaire et libérer les routes de la capitale économique de l’emprise des poids lourds.
C’est une petite révolution logistique qui se prépare au Port Autonome d’Abidjan (PAA). Pour renforcer sa compétitivité et répondre aux défis de l’urbanisation galopante, le gouvernement ivoirien mise désormais sur la voie fluviale par barges pour le transit des conteneurs.
Le fleuve comme alternative au bitume
L’introduction du transport par barges répond à une urgence : la saturation des axes routiers menant au port. Ce système permettra de transférer une partie importante du flux de conteneurs directement par les eaux, réduisant ainsi massivement le nombre de camions sur les artères principales d’Abidjan.
Cette stratégie s’accompagne d’une réorganisation structurelle du trafic. Le gouvernement prévoit en effet la création de zones logistiques dédiées et le tracé d’itinéraires précis pour les poids lourds. La grande nouveauté réside dans l’interdiction de traverser la ville : les camions devront désormais se limiter à des parcours spécifiques, évitant ainsi de paralyser la circulation urbaine.
Le gouvernement ne compte pas agir seul. Cette nouvelle dynamique ouvre un marché prometteur pour le secteur privé. Le communiqué du Conseil des ministres précise que tous les opérateurs intéressés par cette activité peuvent désormais solliciter un agrément.
Un port plus compétitif, une ville plus respirable
Ce précieux sésame sera délivré par le ministère des Transports, conformément aux procédures réglementaires en vigueur. Pour les acteurs de la logistique, c’est une invitation à investir dans une solution de transport plus durable et plus fluide.
Au-delà de la logistique pure, cette mesure est un soulagement pour les populations abidjanaises, quotidiennement confrontées aux embouteillages causés par les gros porteurs.
En fluidifiant le trafic à l’échelle de la ville, l’État ivoirien fait d’une pierre deux coups : il améliore la cadence opérationnelle de son poumon économique, le Port d’Abidjan, tout en offrant une meilleure qualité de vie aux usagers de la route.
AP/Sf/APA





