La ministre d’État nigériane aux Affaires étrangères, l’ambassadrice Bianca Odumegwu-Ojukwu, a réaffirmé l’engagement du Nigéria en faveur d’un dialogue constructif avec la Cour de justice de la Cédéao.
Recevant mardi à Abuja le président de la Cour de justice communautaire, le juge Ricardo Gonçalves, pour une rencontre de haut niveau consacrée à l’exécution des arrêts de la Cour au sein des États membres, la ministre Bianca Odumegwu-Ojukwu a assuré que le Nigéria entend travailler étroitement avec l’institution afin d’identifier des solutions concrètes, susceptibles de préserver l’intégrité de l’organe judiciaire et de renforcer l’intégration sous régionale.
« Le Nigéria déploie des efforts pour améliorer la sensibilisation du public aux institutions de la Cédéao, notamment à travers des initiatives visant à introduire des Clubs Cédéao dans les établissements scolaires, afin de promouvoir une meilleure compréhension des structures et des objectifs de la Communauté », a-t-elle déclaré.
Selon elle, ces initiatives devraient améliorer la communication et la coordination entre la Cour, les gouvernements nationaux et les systèmes judiciaires internes. Elle a également souligné que la mise en place de mécanismes harmonisés d’exécution contribuerait à renforcer la cohérence et l’efficacité dans l’application des décisions à travers les États membres.
Dans un communiqué signé par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Kimiebi Ebienfa, la ministre a réaffirmé que « le Nigeria demeure attaché à un engagement constructif et à une collaboration visant des solutions pratiques pour préserver l’intégrité de la Cour et faire progresser l’intégration régionale ».
Tout en saluant l’importance de cette rencontre, organisée en marge des célébrations du 50e anniversaire de la Cédéao, elle a félicité la Cour pour son rôle de pionnière parmi les juridictions sous régionales en Afrique.
Mme Odumegwu-Ojukwu a qualifié les statistiques présentées par le juge Gonçalves concernant l’exécution des arrêts au sein des États membres de sujet nécessitant une attention sérieuse. Elle a assuré que les préoccupations soulevées seraient transmises aux autorités nationales compétentes, notamment au ministère fédéral de la Justice, pour examen et suites appropriées.
Elle a réaffirmé l’attachement du Nigéria aux principes d’intégration sous régionale, à l’État de droit et à une coopération multilatérale efficace au sein de la Cédéao.
Prenant la parole plus tôt, le juge Gonçalves a réitéré la disponibilité de la Cour à coopérer avec le Nigéria afin de surmonter les difficultés liées à l’exécution des décisions judiciaires.
Il a indiqué que la Cour avait enregistré à ce jour 128 affaires impliquant le Nigéria, dont 66 ont été tranchées. Sur ce total, 10 jugements ont été exécutés, tandis que 52 demeurent en attente d’exécution.
Le président de la Cour a exprimé sa reconnaissance au Nigéria pour son soutien constant à la Cédéao et à sa juridiction communautaire.
Selon lui, cette visite s’inscrit dans le cadre des activités marquant le 50e anniversaire de la Cédéao et vise à engager les États membres sur la question cruciale de la non-exécution des arrêts.
Le juge Gonçalves a averti que le défaut d’exécution des décisions constitue un défi majeur pour la crédibilité de l’institution et pour les objectifs plus larges d’intégration judiciaire sous régionale.
Il a insisté sur le rôle central du Nigéria, en tant qu’État fondateur et pilier de la Cédéao, estimant que l’exemple nigérian en matière de respect des décisions judiciaires pourrait avoir des répercussions déterminantes sur l’intégrité du système judiciaire régional.
« Il est nécessaire de renforcer la collaboration entre la Cour et les autorités nationales afin d’améliorer les mécanismes d’exécution et de consolider l’État de droit au sein de la Communauté », a-t-il conclu.
GIK/lb/Sf/APA






