La loi de finances 2026 durcit les règles de change à l’entrée et à la sortie du territoire, visant à tarir le recours au marché parallèle.
Entrée en vigueur le 1er janvier, la loi de finances 2026 introduit un dispositif plus strict encadrant le transfert et le change des devises par les voyageurs non-résidents en Algérie. Les mesures concernent directement les membres de la diaspora algérienne et les touristes étrangers, traditionnellement exposés à l’écart entre les taux officiel et parallèle.
À l’arrivée sur le territoire, ces voyageurs transportent des devises destinées à couvrir leurs dépenses locales. Jusqu’à présent, une part significative de ces montants était échangée sur le marché informel, où le différentiel avec le taux bancaire officiel dépasse actuellement 80 %, selon les données observées par les opérateurs.
La loi de finances 2026 entend mettre fin à cette pratique. Son article 129 modifie les dispositions antérieures en imposant une traçabilité renforcée des opérations de change effectuées durant le séjour.
Désormais, tout voyageur est tenu de déclarer aux services des douanes, à l’entrée comme à la sortie, les montants excédant 1 000 euros ou leur équivalent en devises. Cette obligation couvre les espèces, moyens de paiement au porteur, effets de commerce, titres négociables, ainsi que les métaux et pierres précieuses.
La nouveauté majeure intervient au moment du départ. Le voyageur non-résident doit présenter aux douanes le justificatif des opérations de change, pour tout ou partie des sommes déclarées à l’entrée et converties durant son séjour.
Concrètement, seuls les changes réalisés sur le circuit officiel — banques et bureaux agréés — permettent de produire un justificatif conforme. Les opérations effectuées sur le marché parallèle deviennent ainsi juridiquement indéfendables au moment du contrôle.
En pratique, l’accès au marché noir des devises se trouve fortement restreint pour la diaspora et les touristes étrangers. L’absence de justificatif officiel expose le voyageur à des sanctions prévues par la législation en vigueur.
Le texte précise que toute infraction aux dispositions de l’article 129 est passible de poursuites. Il s’agit cette fois d’une norme législative adoptée par le Parlement et promulguée, et non d’une simple instruction réglementaire.
À travers ce dispositif, les autorités visent à capter davantage de devises dans le circuit formel, à réduire la pression sur le marché parallèle et à renforcer le contrôle des flux financiers transfrontaliers.
Cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre l’économie informelle et de rééquilibrage du marché des changes, avec des implications directes pour les habitudes de voyage et de consommation de devises en Algérie.
MK/Sf/APA







