En rejoignant le FFP+ en cette année symbolique, le Maroc veut affirmer que les combats pour l’égalité des genres, universels et indivisibles, doivent aussi refléter la voix et la réalité du Sud.
Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a affirmé que la consolidation de la paix et la résolution des conflits armés nécessitent désormais l’intégration pleine et entière de la perspective des femmes, une dimension qu’il considère comme une correction indispensable plutôt qu’une concession.
Lors d’une réunion tenue en marge de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU, sous le thème « Les femmes bâtissent la paix à l’ère des crises et des conflits armés : comment les approches féministes de la politique étrangère peuvent faire progresser le maintien et la consolidation de la paix (FFP+) », le chef de la diplomatie marocaine a mis en avant l’expérience et les réformes menées par le Royaume.
Bourita a rappelé que l’engagement du Maroc se traduit par le renforcement de la participation des femmes dans les contingents, les états-majors et les instances décisionnelles, mais aussi par l’autonomisation des médiatrices dans les processus de paix. Cette démarche inclut une politique de tolérance zéro face aux violences faites aux femmes et une valorisation accrue de leur rôle dans la prévention de l’extrémisme violent et la promotion d’une culture de paix.
Le ministre a souligné que l’adhésion du Maroc au FFP+ intervient à un moment symbolique, marquant à la fois le 25ᵉ anniversaire de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité, et le 30ᵉ anniversaire de la Déclaration de Pékin. Pour Rabat, il s’agit d’apporter une perspective du Sud, convaincue que les luttes pour l’égalité sont universelles et indivisibles.
Insistant sur le cadre national, Bourita a rappelé que le roi Mohammed VI a appelé à une réforme du Code de la famille afin de consolider les acquis en matière de droits des femmes et de rendre l’égalité plus effective. Selon lui, l’approche féministe de la politique étrangère n’est pas un modèle importé, mais l’aboutissement d’un parcours national irréversible, guidé par la Vision royale depuis 1999.
À titre d’illustration, le ministre a évoqué la place grandissante des femmes dans la diplomatie marocaine : elles représentent aujourd’hui 48 % des effectifs, 49 % des postes de responsabilité à l’administration centrale, 21 % des ambassades – dont certaines dans des capitales stratégiques – et 40 % des consulats généraux.
Il a conclu en soulignant que ces avancées ne relèvent pas seulement de la représentativité, mais traduisent une conviction profonde : celle que la paix durable et la diplomatie moderne ne peuvent se concevoir sans les femmes.
MK/ac/Sf/APA







