La presse ouest-africaine consultée vendredi par APA accorde une large place au Sénégal, où le gouvernement a renégocié un contrat stratégique de dessalement d’eau de mer et récupéré la dernière base militaire française, pendant que la Côte d’Ivoire entre en phase préparatoire de la présidentielle de 2025, le Ghana procède à une série d’annulations de contrats énergétiques et le Nigéria est confronté à une flambée des subventions à l’électricité.
Au Sénégal, la renégociation du contrat de dessalement d’eau de mer avec le géant saoudien ACWA Power constitue, selon Financial Afrik, « un tournant décisif » dans la gouvernance des partenariats publics-privés. Ce contrat avait été signé dans les derniers jours de l’ancien régime.
Le quotidien Le Soleil rapporte que les nouvelles discussions ont permis d’importantes avancées : le prix de l’eau a été réduit de 427 à 389,8 FCFA/m³, la charge locative annuelle de l’État a été allégée, la capacité solaire doublée à 300 MWc, et le partage des bénéfices d’exploitation a été révisé de manière favorable au Sénégal. En outre, le financement devient davantage concessionnel, le contenu local est renforcé, tout comme les dispositifs de formation. Le respect rigoureux des procédures de partenariat public-privé a également été assuré, avec l’approbation de l’UNAPPP et de la DCMP.
Dans un tout autre registre, le président Faye a présidé jeudi à Dakar le lancement de l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur (ANTESRI 2050). Selon Sud Quotidien, cette initiative vise à corriger en profondeur les multiples dysfonctionnements du système universitaire : retards dans les chantiers pédagogiques, déficits budgétaires, effectifs pléthoriques, dérèglement du calendrier académique, manque d’enseignants, allongement des cycles, etc.
Le Soleil précise que huit commissions seront mises en place à partir du 21 juillet pour discuter de 11 points majeurs. Le président Faye s’est dit favorable à une refondation en profondeur des universités, une position partagée par les syndicats, qui réclament également une réforme « nécessaire » du secteur.
En Côte d’Ivoire, Abidjan.net informe que le dépôt du cautionnement de 50 millions FCFA pour les candidats à la présidentielle d’octobre 2025 sera ouvert du 25 juillet au 26 août à la Caisse des Dépôts et Consignations.
Au Ghana, le journal Graphic révèle que le ministère de l’Énergie a annulé 202 contrats d’approvisionnement conclus par la Compagnie d’électricité du Ghana (ECG), représentant plus de 227 millions de dollars US, pour cause de non-exécution. Cette décision vise à corriger les irrégularités d’approvisionnement et à améliorer la fiabilité du système électrique.
Au Nigéria, The Punch note une flambée de 220 % des subventions à l’électricité, atteignant près de 2 000 milliards de nairas malgré l’augmentation des tarifs pour la tranche A en avril 2024. Cette explosion des subventions serait due à la dévaluation du naira décidée par le président Bola Tinubu en juin 2024, ainsi qu’à la suppression des subventions aux carburants, qui a exacerbé l’inflation.
Au Bénin, Bénin Web TV annonce la nomination d’Evariste Ndayishimiye comme envoyé spécial de l’Union africaine pour le Sahel. Le président burundais devra s’atteler à une mission difficile dans une région en proie à une insécurité et une crise humanitaire persistantes.
Au Libéria, Liberian Observer rapporte que les manifestants, composés principalement de jeunes, d’étudiants militants, de conducteurs de motos et de membres de l’opposition, ont donné un ultimatum de 14 jours au président Joseph Boakai après avoir été empêchés de remettre une pétition. Leurs revendications portent sur la lutte contre la corruption, le chômage des jeunes et l’accès aux services sociaux de base.
De retour au Sénégal, Financial Afrik indique que l’armée française a achevé jeudi 17 juillet son retrait du pays avec la restitution du camp Geille de Ouakam, marquant la fin d’une présence militaire de plus de 60 ans.
L’Observateur s’interroge sur les enjeux liés à ce retrait et la perspective d’un nouveau pacte de défense.
« Ce départ des troupes françaises ne doit pas être célébré comme une victoire de guerre », nuance le colonel retraité Antoine Wardini. Pour sa part, le spécialiste en géopolitique des conflits Dr Abdoul Latif Aidara souligne que « le Sénégal devra renforcer ses propres capacités en matière de renseignement pour surveiller ses frontières, les mouvements terroristes et la sécurité maritime ».
ODL/ac/Sf/APA







