Le Fonds monétaire international (FMI) estime que le Nigéria pourrait enregistrer une perte de recettes équivalente à 0,5 % de son produit intérieur brut (PIB), en raison de la décision du gouvernement de ne pas augmenter le taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
Dans son dernier rapport de consultation au titre de l’article IV consacré au Nigéria, le FMI a salué les récentes réformes fiscales validées par l’Assemblée nationale et le président Bola Tinubu. Ces réformes sont perçues comme une avancée importante vers la modernisation des systèmes de TVA et d’impôt sur les sociétés. Cependant, le maintien du taux de TVA actuel devrait entraîner une diminution immédiate des recettes publiques.
« Ne pas relever le taux de la TVA est compréhensible, compte tenu de la pauvreté généralisée et de l’insécurité alimentaire qui persistent dans le pays, d’autant plus que le programme de transferts monétaires destiné aux ménages vulnérables n’a pas encore atteint sa pleine capacité. Toutefois, cette décision entraînera une perte de recettes consolidées équivalente à environ 0,5 % du PIB », indique le rapport.
Selon des informations relayées mardi par le quotidien Punch, si le gouvernement fédéral pourrait compenser partiellement cette perte grâce à une amélioration prévue de la collecte de l’impôt sur les sociétés, les gouvernements des États et les collectivités locales, fortement dépendants des revenus issus de la TVA, seront les plus touchés.
À défaut de financements alternatifs, ces entités pourraient être contraintes de réduire leurs dépenses ou d’intensifier leurs efforts de mobilisation de ressources propres.
Le FMI a néanmoins reconnu la pertinence de la décision des autorités nigérianes, dans un contexte social difficile. À ce jour, seuls 5,5 millions de ménages ont bénéficié du programme fédéral de transferts monétaires, sur un objectif fixé à 15 millions.
« Une augmentation du taux de TVA dans les conditions actuelles risquerait d’exacerber la pression sur les ménages les plus vulnérables », a averti l’institution, tout en soulignant les conséquences budgétaires d’un tel choix, en particulier au niveau local.
Malgré ces défis, le FMI s’est réjoui de l’engagement du Comité présidentiel chargé de la politique budgétaire et de la réforme fiscale, qualifiant son travail de crucial pour améliorer le ratio recettes/PIB du Nigéria, l’un des plus faibles à l’échelle mondiale.
Les réformes en cours visent notamment à renforcer la conformité fiscale, à moderniser les cadres régissant la TVA et l’impôt sur les sociétés, à réduire les exonérations, ainsi qu’à déployer des outils numériques pour améliorer la traçabilité des paiements.
En 2024, les recettes totales et subventions ont représenté 14,4 % du PIB, contre 9,8 % en 2023 — une progression attribuée à la dépréciation de la monnaie nationale et à une meilleure administration fiscale.
GIK/lb/te/Sf/APA






