Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a écarté le ministre de la Police, visé par de graves accusations d’infiltration des forces de sécurité par un réseau criminel, et a confié l’intérim à Gwede Mantashe en attendant la prise de fonction de Firoz Cachalia en août.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a désigné mardi le ministre des Ressources minérales et pétrolières, Gwede Mantashe, comme ministre par intérim de la Police, a annoncé la présidence. Cette décision intervient dans un contexte de crise au sein des forces de sécurité, marqué par des accusations d’infiltration par un réseau criminel.
Dimanche 13 juillet, Ramaphosa avait annoncé la création d’une commission d’enquête judiciaire pour faire la lumière sur ces accusations, révélées le 6 juillet par le commissaire provincial de la police du KwaZulu-Natal, le lieutenant-général Nhlanhla Sibusiso Mkhwanazi. Celui-ci avait dénoncé l’existence d’un « syndicat criminel » infiltrant la police, le renseignement, la justice et la magistrature, et impliquant des politiciens, des procureurs et des hommes d’affaires. Il avait également accusé le ministre de la Police, Edward Senzo Mchunu, d’interférences dans des enquêtes sensibles et de collusion avec des acteurs privés pour saboter les forces de l’ordre.
Jugeant ces accusations « préoccupantes pour la Constitution, l’État de droit et la sécurité nationale », le président sud-africain a mis Mchunu en congé immédiat afin de préserver la crédibilité des institutions pendant les investigations.
Initialement, le professeur Firoz Cachalia avait été désigné pour assurer l’intérim, mais celui-ci ne pourra prendre ses fonctions qu’au début du mois d’août, après son départ de l’Université du Witwatersrand.
En attendant, Gwede Mantashe assure la direction du ministère de la Police, tout en conservant ses fonctions aux Ressources minérales et pétrolières.
La commission d’enquête, dirigée par le juge en chef adjoint par intérim Mbuyiseli Russel Madlanga et assistée des avocats Sesi Baloyi et Sandile Khumalo, dispose d’un mandat clair : enquêter sur l’infiltration des structures de sécurité, évaluer la responsabilité des hauts responsables, et proposer des poursuites, sanctions et réformes. Elle devra rendre des rapports intermédiaires dans trois et six mois, puis un rapport final.
AC/Sf/APA






