Le ministre malien de la Justice, Mamoudou Kassogué, a instruit les magistrats et les services de police judiciaire d’engager des poursuites contre les auteurs présumés de réseaux d’exploitation sexuelle de mineurs, notamment actifs sur les plateformes numériques.
Dans un communiqué publié mercredi 29 juillet 2026, le ministre malien de la Justice indique que certains réseaux utilisent des applications comme WhatsApp, TikTok et Snapchat pour recruter des victimes, organiser des rencontres et diffuser des contenus sexuels. Ces activités seraient également menées dans des maisons closes, des appartements meublés ou des lieux isolés, parfois en lien avec la consommation de drogues.
Selon le ministère, des enfants, dont certains âgés de 12 à 13 ans, seraient exploités dans des zones minières ou envoyés à l’étranger à des fins sexuelles. Ces faits pourraient relever de plusieurs infractions, notamment la traite des personnes, le proxénétisme, la prostitution forcée, la pédophilie, la pornographie impliquant des enfants et le trafic de stupéfiants.
Le ministre rappelle que le cadre juridique malien prévoit de lourdes sanctions contre ces pratiques. Le Code pénal adopté en décembre 2024 punit notamment la traite à des fins d’exploitation de dix ans de réclusion criminelle et de cinq millions de francs CFA d’amende, tandis que la pornographie impliquant un enfant peut entraîner jusqu’à vingt ans de réclusion et dix millions de francs CFA d’amende. La législation sur la cybercriminalité sanctionne également la production, la diffusion ou la détention de contenus pédopornographiques.
Le dernier rapport national sur la traite des personnes fait état de 629 victimes identifiées en 2024, dont 337 enfants, soit plus de la moitié des cas recensés. Le document mentionne 93 enquêtes ouvertes, 95 poursuites et huit condamnations. En novembre 2025, une opération menée avec l’appui d’Interpol avait permis d’identifier 47 Nigérianes victimes de traite à des fins d’exploitation sexuelle au Mali.
Mamoudou Kassogué a appelé les familles, les éducateurs, les propriétaires d’immeubles ainsi que les responsables d’hôtels et d’appartements meublés à signaler tout comportement suspect. Il a demandé aux autorités judiciaires d’agir « avec la dernière rigueur » contre les auteurs, complices et facilitateurs de ces réseaux.
MD/te/Sf/APA







