Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a rencontré, mercredi à New York le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, au siège de l’Organisation.
Le ministre marocain des Affaires étrangères a rencontré le Secrétaire général de l’ONU, mercredi à New York, et co-présidé la Conférence mondiale sur la lutte contre les discours de haine, le lendemain jeudi.
Lors de leur échange, António Guterres a fait part de son appréciation de l’engagement du Maroc en faveur du multilatéralisme et de ses positions en soutien aux trois piliers des Nations Unies, y compris dans des contextes internationaux complexes. Évoquant la conjoncture internationale, marquée par l’aggravation de plusieurs crises et l’extension de conflits, António Guterres a relevé que le Maroc évolue dans une situation favorable sous le leadership du roi Mohammed VI.
Il a, dans ce contexte, salué l’action de la diplomatie marocaine, qu’il a décrite comme active, déterminée et élégante. Cette appréciation concerne notamment le rôle du Royaume au sein des Nations Unies et son action sur la scène internationale. De son côté, Nasser Bourita a exprimé sa haute appréciation de la coopération entre le Maroc et les Nations Unies durant les deux mandats d’António Guterres, en fonction depuis 2016.
En marge de la 81ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, Bourita a co-présidé, au côté du Secrétaire général des Nations Unies et du Président de l’Assemblée générale de l’ONU, la Conférence mondiale sur la lutte contre les discours de haine par la promotion du dialogue interreligieux et interculturel et de la tolérance.
Co-organisée par le Maroc, le Bureau des Nations Unies pour la Prévention du génocide et la Responsabilité de protéger et l’Alliance des civilisations des Nations Unies, cette Conférence vise à renforcer le rôle du dialogue et de la tolérance dans la prévention des discours de haine et la promotion de la cohésion sociale.
Elle traduit la volonté de poursuivre la mobilisation internationale face aux discours de haine, notamment à travers la coopération entre les Etats, les institutions religieuses, la société civile et les acteurs du numérique.
Intervenant en ouverture de cette rencontre, M. Bourita a souligné que l’initiative marocaine d’organiser cette conférence traduit l’esprit du Message adressé par le Roi Mohammed VI aux participants au 9ème Forum mondial de l’Alliance des civilisations, tenu à Fès le 22 novembre 2022, citant le passage dans lequel le Souverain a appelé à faire de la politique, de la religion et du dialogue autant de moyens de servir la paix. Il a souligné que la récurrence du débat sur les discours de haine dans les enceintes internationales ne saurait être un exercice conjoncturel, relevant que les manifestations de cette haine rappellent de manière continue l’urgence d’une action collective pour préserver la dignité humaine et protéger les sociétés du rejet et de la division.
Le ministre a indiqué que l’ignorance de l’autre, la transmission des préjugés et les fragilités sociales et économiques peuvent nourrir des peurs faisant percevoir la diversité religieuse et culturelle comme une menace. Ces peurs peuvent être exploitées politiquement par des courants extrémistes pour attiser les discordes et imputer à une communauté entière la responsabilité d’actes individuels.
M. Bourita a tiré la sonnette d’alarme face à la banalisation de la haine par des dirigeants politiques ayant exercé des responsabilités gouvernementales mettant l’accent sur la nécessité d’alerter sur de telles prises de position, qui contribuent à rendre les discours de haine acceptables dans le débat public.
Le ministre a souligné la responsabilité des dirigeants et des institutions politiques, religieuses et intellectuelles dans la lutte contre l’instrumentalisation de la religion et de l’identité pour justifier l’exclusion, notamment lorsque l’intolérance est présentée sous couvert de patriotisme.
Le ministre a relevé que l’enracinement de la coexistence entre les différentes composantes religieuses du Maroc, où musulmans, juifs et chrétiens ont partagé un même espace au fil des siècles, s’est traduit par un choix institutionnel que concrétisent les politiques de l’État, sous la conduite du Roi Mohammed VI.
Sur le plan multilatéral, le responsable marocain a rappelé que, sous l’égide de cette institution et en cohérence avec cette référence nationale, le Royaume du Maroc joue un rôle moteur dans la lutte contre les discours de haine dans les enceintes internationales. Il a cité les trois résolutions adoptées à l’initiative du Maroc par l’Assemblée générale des Nations Unies, dont celle relative à la promotion du dialogue interreligieux et interculturel et de la tolérance dans la lutte contre les discours de haine.
Le ministre marocain a identifié cinq priorités pour orienter l’action collective : l’éducation au respect de la différence, l’ancrage du dialogue interreligieux et interculturel dans la vie sociale, la responsabilisation du discours public, la promotion de l’équité et de l’égalité des chances, ainsi que la prévention des discours de haine dans l’espace numérique.
AK/Sf/APA





