Les lauréats des écoles publiques de santé au Tchad ont exprimé leur opposition à la récente décision gouvernementale rendant obligatoire un concours de recrutement pour leur intégration à la Fonction publique, rapporte la presse locale.
La protestation des diplômés tchadiens en santé pour le concours de recrutement a été rendue publique à l’issue d’une assemblée générale tenue samedi par la Coordination des plateformes des lauréats de l’École nationale des agents sanitaires et sociaux (ENASS) de N’Djaména et des écoles provinciales.
La coordination, qui regroupe les diplômés des établissements de N’Djaména, Abéché, Biltine, Moundou et Sarh, dénonce une mesure qu’elle juge contraire aux textes en vigueur. Elle affirme vouloir alerter l’opinion nationale et internationale sur ce qu’elle considère comme une remise en cause de droits légalement acquis.
Selon le coordonnateur général de la plateforme, Togyanouba Aïgongar, l’obligation de concours viole la Loi n°17 portant Statut général de la fonction publique. Il soutient que ce texte prévoit l’intégration automatique des lauréats issus des écoles publiques de formation professionnelle, sans condition de concours supplémentaire.
Les diplômés rappellent avoir été formés aux frais de l’État, dans le cadre d’un engagement clair en faveur d’une insertion directe dans l’administration publique. Pour eux, la nouvelle exigence constitue une injustice et une rupture des engagements pris par les autorités envers les étudiants des écoles publiques de santé.
La plateforme estime par ailleurs que cette décision pourrait affaiblir la crédibilité des formations publiques et créer un climat d’incertitude pour les futurs apprenants, au risque d’entamer la confiance dans le système national de formation sanitaire.
Face à cette situation, les lauréats réclament le retrait immédiat de la mesure contestée, l’intégration automatique de toutes les promotions de 2012 à 2025 conformément à la Loi n°17, ainsi que l’ouverture d’un dialogue avec les autorités compétentes.
Ils appellent enfin les pouvoirs publics, la société civile et les partenaires techniques et financiers à soutenir leur démarche, présentée comme un combat pour le respect de la loi et des droits des diplômés des écoles publiques de santé.
RNK/Sf/APA







