L’agence onusienne estime que la guerre et le sous-financement de la réponse humanitaire aggravent la crise sanitaire des enfants dans le Kordofan du Sud au centre du Soudan.
L’Unicef a alerté lundi sur la dégradation de la situation sanitaire des enfants dans le Kordofan du Sud, au centre du Soudan, où les centres de santé accueillent un nombre croissant de jeunes patients fuyant les combats, la faim et l’effondrement du système de soins.
Plus de trois ans après le début du conflit entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR), l’agence des Nations Unies pour l’enfance estime que l’état de santé des enfants continuera de se détériorer tant qu’ils n’auront pas accès à des structures médicales suffisamment approvisionnées en médicaments et dotées de personnels qualifiés.
En déplacement dans cette région, le représentant de l’Unicef au Soudan, Sheldon Yett, a constaté l’arrivée massive de mères déplacées portant des nourrissons souffrant de malnutrition aiguë sévère dans les centres de nutrition soutenus par l’agence.
À l’hôpital d’Abujabayah, une unité spécialisée prend en charge les cas les plus critiques. Les enfants, souvent dans un état de dénutrition extrême, y restent plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avant de pouvoir regagner leur foyer.
« Ce sont des enfants qui ont fui la violence, qui ont fui des communautés coupées du monde à cause du conflit. Plus nous ouvrons de centres de santé, plus la demande semble augmenter », a déclaré Sheldon Yett à ONU Info.
Selon lui, de nombreuses mères parcourent « des kilomètres et des kilomètres » à pied pour atteindre ces établissements, parfois après plusieurs jours de marche, faute d’autres possibilités de soins.
Pour l’Unicef, cet afflux met en lumière l’ampleur des besoins humanitaires dans une région où des milliers de familles restent privées d’un accès régulier aux services de santé.
Cette situation s’inscrit dans une crise plus large qui continue de s’aggraver à l’échelle du pays. D’après le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), près de 11 millions de personnes ont reçu au moins une forme d’assistance au Soudan au cours du premier semestre de 2026, soit environ 20 % de la population.
Toutefois, seulement 1,7 million de personnes, soit environ une sur six parmi les bénéficiaires, ont reçu une aide complète couvrant notamment les soins de santé, l’alimentation, l’éducation, la protection et d’autres services essentiels.
L’ONU attribue cet écart au manque de financement. L’appel humanitaire lancé pour le Soudan n’est actuellement financé qu’à 39 %, compromettant la capacité des organisations humanitaires à répondre aux besoins croissants de la population.
Face à l’aggravation de la crise, les Nations Unies appellent les bailleurs de fonds à renforcer rapidement leur soutien afin d’éviter que des millions de Soudanais ne soient privés des services de base.
ARD/te/Sf/APA







