Le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur le risque d’aggravation de la crise alimentaire au Soudan du Sud, où 7,8 millions de personnes sont déjà confrontées à des difficultés pour se nourrir, sur fond de conflits, de déplacements de populations, de chocs climatiques et de baisse des financements humanitaires.
Le PAM redoute les conséquences d’un phénomène El Niño particulièrement intense, susceptible de provoquer des précipitations inférieures à la moyenne et une forte hausse des températures au Soudan du Sud ainsi que dans plusieurs pays voisins, dont le Soudan, l’Éthiopie, l’Érythrée, l’Ouganda et le Kenya.
« Cela va avoir un impact encore plus important sur la sécurité alimentaire dans toute la région », a averti Matthew Hollingworth, directeur exécutif adjoint chargé des opérations au PAM, après une récente mission au Soudan du Sud.
Dans l’État de Jonglei, certaines terres agricoles restent affectées par les inondations survenues ces dernières années, tandis que les superficies encore cultivables subissent désormais les effets de la sécheresse. Cette combinaison réduit les récoltes et prive de nombreuses familles de leurs moyens de subsistance.
La situation nutritionnelle est également préoccupante. Selon le PAM, 2,2 millions d’enfants et 1,2 million de femmes enceintes ou allaitantes ont besoin d’une assistance nutritionnelle d’urgence.
La guerre au Soudan voisin accentue par ailleurs la pression sur les ressources disponibles. Environ 3.000 réfugiés et rapatriés arrivent chaque semaine au Soudan du Sud, à la recherche de sécurité, de nourriture, d’eau et d’abris.
L’acheminement de l’aide humanitaire est lui aussi devenu plus difficile et coûteux en raison de l’insécurité et des prélèvements illégaux imposés sur certains axes de transport. Dans plusieurs zones, ces contraintes perturbent l’approvisionnement et renchérissent le prix des denrées.
À cette situation s’ajoute une importante crise de financement. Le PAM indique avoir besoin de 86 millions de dollars supplémentaires pour ses opérations actuelles et estime à 416 millions de dollars ses besoins pour les six prochains mois.
Sans nouveaux financements, plus d’un million de personnes pourraient perdre dès octobre l’accès à une assistance alimentaire et nutritionnelle essentielle. Le risque est particulièrement élevé dans l’État de Jonglei, où plusieurs localités sont déjà menacées par la famine.
Pour le PAM, la combinaison des chocs climatiques, des conflits, des déplacements et du manque de ressources financières fait peser une pression croissante sur les populations les plus vulnérables du Soudan du Sud.
TE/Sf/APA





