Le Haut Commandement militaire pour la restauration de la sécurité et de l’ordre public en Guinée-Bissau a donné sept jours ouvrables aux partis politiques pour déplacer les sièges se trouvant à moins de 500 mètres des organes de souveraineté, des établissements hospitaliers, des représentations diplomatiques et des unités militaires et paramilitaires.
Tous les partis politiques légalement constitués en Guinée-Bissau dont les sièges sont situés dans le périmètre interdit des organes de souveraineté disposent de sept jours ouvrables, à compter de leur notification, pour procéder à leur transfert, selon une résolution du Haut Commandement militaire rendue publique mardi.
La décision a été prise lundi 14 septembre, lors d’une session extraordinaire du Haut Commandement militaire pour la restauration de la sécurité et de l’ordre public, présenté dans le texte comme l’organe suprême d’orientation politique du pays durant la période de transition.
Elle s’appuie sur l’article 10 de la loi n° 07/2026 du 24 février portant loi-cadre sur les partis politiques, qui interdit l’installation et le fonctionnement des sièges des formations politiques à moins de 500 mètres des sièges des organes de souveraineté, des établissements hospitaliers, des représentations diplomatiques ainsi que des unités militaires et paramilitaires.
Le Haut Commandement militaire justifie cette mesure par la nécessité de préserver « le climat de paix et de sécurité » dans le pays.
La résolution charge le ministre de l’Intérieur de prendre toutes les dispositions nécessaires à son application et précise qu’elle entre immédiatement en vigueur.
Le texte ne cite aucun parti nommément. La mesure intervient toutefois dans un contexte politique marqué par le processus de transition engagé après la prise de pouvoir des militaires en novembre 2025.
Les autorités de transition ont organisé, le 30 août dernier, un référendum constitutionnel sur un projet de nouvelle Loi fondamentale. Le scrutin s’est déroulé dans un climat globalement calme, avec une participation estimée à plus de 55 % par la Commission nationale des élections (CNE).
La CNE a ensuite proclamé la victoire du « oui », avec 383 117 voix, soit 70 % des suffrages valides, contre 160 904 voix pour le « non ». Sur 914 428 électeurs inscrits, 572 714 ont pris part au scrutin.
Le projet de Constitution soumis au vote prévoit notamment un régime présidentiel renforçant les pouvoirs du chef de l’État, en remplacement du système parlementaire. Le référendum s’inscrit dans le processus de transition présenté par les autorités comme devant conduire au retour à la normalité constitutionnelle.
La résolution du 14 septembre intervient également à moins de trois mois des élections générales annoncées pour le 6 décembre 2026.
Le Haut Commandement militaire affirme vouloir conduire la transition dans le respect des principes constitutionnels et légaux, restaurer la sécurité nationale et l’État de droit démocratique, ainsi que contribuer à la protection des droits fondamentaux et à la promotion de l’unité nationale.
AC/Sf/APA





