Après près de deux années de suspension, l’État sénégalais engage la reprise progressive des travaux sur plusieurs sites fonciers à Dakar, Thiès et Saint-Louis, en privilégiant les détenteurs réguliers de titres et en maintenant le contrôle sur les dossiers litigieux.
Le gouvernement sénégalais accélère le processus de sortie de crise dans plusieurs dossiers fonciers sensibles. Réuni lundi 6 juillet 2026 en Conseil interministériel, l’exécutif a annoncé la poursuite des démarches visant à lever les suspensions qui frappent des lotissements, des zones de Plans d’Urbanisme de Détail (PUD) et des pôles urbains dans les régions de Dakar, Thiès et Saint-Louis.
Cette décision intervient après les audits fonciers lancés par les autorités sur plusieurs aménagements, à la suite desquels les travaux avaient été suspendus par des communiqués en date des 31 juillet et 7 novembre 2024. L’objectif était alors de faire la lumière sur les conditions d’attribution et d’occupation des terrains concernés.
Les sites concernés regroupent notamment les lotissements « BOA », « Hangar des Pèlerins », « Recasement 2 », « EGBOS », « EOGEN et EOGEN-extension », ainsi que « Mbour IV à Thiès ». S’y ajoutent les PUD de Guédiawaye, Yeumbeul-Malika-Tivaouane Peulh et Nouvelle Ville de Thiès, les pôles urbains de Déni Biram Ndao-Diaksao-Bambilor, Daga Kholpa et Yenne, ainsi que le site de Ndiebène Gandiole à Saint-Louis.
Selon le Comité chargé du suivi de la mise en œuvre des recommandations issues des audits fonciers, une première étape de régularisation a déjà permis à plusieurs détenteurs disposant de titres réguliers de reprendre possession de leurs attributions.
L’État a également engagé des mesures administratives importantes, avec notamment la prise de décrets d’utilité publique et l’annulation de certains documents d’urbanisme jugés incompatibles avec les conclusions des audits. C’est notamment le cas du PUD de Nouvelle Ville de Thiès et de certaines zones des PUD de Guédiawaye et Yeumbeul-Malika-Tivaouane Peulh.
Pour la suite du processus, le Premier ministre a demandé au Comité de suivi d’achever, durant le second semestre 2026, les travaux techniques nécessaires à la levée des suspensions. Ces travaux comprennent l’élaboration des actes administratifs requis, les arbitrages entre les différentes parties prenantes et la réalisation d’états des lieux détaillés.
La priorité sera accordée aux détenteurs de titres d’occupation réguliers ne présentant aucune irrégularité, notamment ceux qui ne sont pas concernés par des pratiques d’accaparement ou de multiplication abusive des parcelles.
Les personnes et collectifs concernés seront informés des prochaines étapes afin de faciliter, le cas échéant, les procédures de mainlevée ou de régularisation de leur situation.
Toutefois, le gouvernement rappelle que la suspension demeure effective jusqu’à l’obtention des autorisations nécessaires. Les détenteurs de titres concernés sont ainsi appelés à ne pas reprendre les travaux sans validation préalable des services compétents, sous peine de mesures appropriées.
Avec cette nouvelle orientation, l’État entend accélérer la sécurisation du foncier urbain tout en protégeant les droits des acquéreurs de bonne foi, dans un contexte où la question foncière reste l’un des principaux enjeux d’aménagement et de gouvernance au Sénégal.
TE/Sf/APA







