Le président béninois, Romuald Wadagni déploie, depuis son investiture en mai 2026, une stratégie diplomatique et économique ambitieuse, misant sur la transformation industrielle et le renforcement des hubs logistiques pour attirer les investissements internationaux.
L’offensive du président Wadagni vise à positionner le Bénin comme un acteur majeur de la ZLECAf et à diversifier ses revenus, consolidant ainsi sa souveraineté économique et sa stabilité financière. Sur son agenda international chargé, ayant inscrit les enjeux économiques comme une priorité, le nouveau chef de l’État béninois a choisi de faire de la diplomatie un levier clé pour renforcer la résilience du Bénin.
Dans un contexte mondial marqué par le resserrement des conditions de financement et la volatilité des cours des matières premières, le Bénin fait le choix d’approfondir son intégration régionale tout en promouvant son savoir-faire industriel à l’échelle du continent.
Le premier acte de ce déploiement s’est logiquement déroulé en priorité sur la scène ouest-africaine. Le président béninois a initié des visites à Abuja, Niamey, Ouagadougou et Bamako avec un objectif précis : optimiser les flux logistiques et commerciaux régionaux pour soutenir la croissance nationale.
Les échanges avec le Nigéria, première puissance économique de la sous-région et partenaire historique, ont permis de réaffirmer la solidité des liens bilatéraux. Les discussions ont porté sur la levée des barrières non tarifaires et l’harmonisation douanière.
Cette démarche vise à formaliser davantage les échanges transfrontaliers, garantissant des débouchés durables pour la production agricole béninoise et optimisant ainsi la balance des paiements face aux dynamiques de change du Naira.
Parallèlement, le dialogue avec les autorités du Niger, du Burkina Faso et du Mali s’inscrit dans une volonté d’intégration sous régionale assumée. Le Port autonome de Cotonou se positionne historiquement comme le corridor naturel pour ces économies de l’hinterland.
La fluidification de ces axes routiers stimule l’activité logistique et accroît les recettes douanières de l’État, un atout majeur pour la consolidation budgétaire du Bénin. Cette approche pragmatique permet de maintenir des partenariats économiques robustes au sein de l’espace sahélien.
Par ailleurs, le chef de l’Etat béninois s’attache à faire du Bénin une destination de référence pour les investisseurs étrangers, faisant la promotion du modèle béninois à l’échelle continentale et à l’international.
Le 13 juillet dernier, lors de la retraite stratégique d’Afreximbank à Addis-Abeba en Éthiopie, Romuald Wadagni a exposé les fondements d’une doctrine industrielle performante, avec l’ambition d’offrir un modèle reproductible à d’autres économies africaines.
Son diagnostic sur les freins à l’industrialisation du continent fait directement écho aux analyses des grandes institutions financières de développement. Le président a ciblé trois défis structurels : le besoin de coordination institutionnelle au plus haut niveau de l’État, l’exigence de viabilité financière des projets d’infrastructures, et la nécessité de surmonter les rentes liées à l’exportation de matières premières brutes.
Pour illustrer la viabilité d’une alternative, la délégation béninoise s’est appuyée sur le succès de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). Ce pôle d’excellence, développé en partenariat public-privé, démontre la capacité d’un État africain à reconfigurer sa chaîne de valeur.
En misant sur la transformation locale du coton, du soja ou de l’anacarde, le Bénin s’affranchit progressivement des fluctuations des marchés de matières premières pour capter la valeur ajoutée sur son territoire.
Ce plaidoyer international constitue un levier stratégique auprès des marchés financiers. En prouvant aux bailleurs de fonds continentaux et internationaux la solidité et la rentabilité de son écosystème de transformation, l’administration béninoise se positionne pour mobiliser de nouveaux mécanismes de financements mixtes et attirer des investissements directs étrangers (IDE) de qualité.
À l’heure où la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) entre dans sa phase opérationnelle, Cotonou anticipe les opportunités du marché unique pour s’ériger en pôle manufacturier hautement compétitif.
Cette double dynamique performance des corridors logistiques d’un côté et montée en puissance manufacturière de l’autre, prépare idéalement le Bénin pour l’implémentation opérationnelle de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf).
Le gouvernement béninois se donne les moyens de mobiliser de nouveaux mécanismes de financements mixtes. Cette crédibilité renforcée devrait attirer des Investissements directs étrangers (IDE) de premier plan, confirmant la viabilité à long terme du modèle économique de Cotonou.
AP/Sf/APA







