Les évêques de la Conférence épiscopale Burkina-Niger ont lancé un appel en faveur de la paix, du dialogue interreligieux et du renforcement de la cohésion sociale au Sahel, à l’issue de leur visite ad limina au Vatican, marquée par des rencontres avec les autorités de l’Église catholique et des prières pour les populations de la région.
Réunis à Rome dans le cadre d’une messe d’action de grâce organisée par la Fraternité ecclésiale des Burkinabés à Rome et en Italie (FEBUR), les prélats ont prié pour « la paix des peuples du Sahel et du monde entier », dans un contexte régional toujours marqué par l’insécurité et les crises humanitaires.
La célébration s’est déroulée dans la chapelle de la maison généralice des Missionnaires d’Afrique, en présence de fidèles, de religieux, de prêtres ainsi que de représentants diplomatiques burkinabés accrédités auprès du Saint-Siège.
Présidant la messe, l’archevêque métropolitain de Ouagadougou, Prosper Kontiebo, a exhorté les chrétiens à rester « des signes vivants de l’espérance » face aux défis sécuritaires et aux tensions sociales qui affectent le Sahel.
Dans son homélie, il a invité les fidèles à privilégier la non-violence, la charité et le dialogue, estimant que les divisions ne peuvent être surmontées par « des arguments agressifs » ou des « débats stériles ».
Les responsables catholiques ont également insisté sur l’importance du dialogue avec les communautés musulmanes et les adeptes des religions traditionnelles afin de préserver la stabilité sociale et le vivre-ensemble dans la région.
L’évêque de Maradi, Ignatius Kan-Murum Anipu, a indiqué que les échanges avec le pape avaient mis l’accent sur « la communion avec tous », notamment avec les autorités publiques et les autres communautés religieuses.
« C’est à travers le dialogue permanent que se construisent la cohésion sociale et la convivialité », a-t-il affirmé.
De son côté, l’archevêque métropolitain de Koupéla, Gabriel Managoba Sagaogo, a expliqué que les évêques avaient été « écoutés et encouragés » lors des rencontres avec les différents dicastères du Vatican, après avoir présenté les réalités pastorales, humanitaires et sécuritaires auxquelles font face le Burkina Faso et le Niger.
Plusieurs prélats ont également souligné que cette visite ad limina avait renforcé les liens fraternels au sein de la Conférence épiscopale grâce aux moments de prière et de vie communautaire partagés à Rome.
Les échanges ont aussi porté sur l’Initiative du Sahel pour la paix, soutenue par l’Église catholique et plusieurs leaders religieux ouest-africains. Cette plateforme régionale vise à promouvoir une réponse collective face aux crises sécuritaires et humanitaires qui touchent le Sahel.
Selon Alexandre Yikyi Bazié, le forum régional tenu en mars 2026 à Bamako a permis à des responsables religieux du Burkina Faso, du Mali, du Niger, de la Côte d’Ivoire et du Ghana d’adopter « l’Appel de Bamako » en faveur de la paix et du vivre-ensemble.
L’Église catholique a également annoncé la cinquième édition du Prix du journalisme pour la paix et la cohésion sociale (PJPCS), prévue en juin 2026 à Ouagadougou, autour des enjeux liés à la résilience communautaire et à la lutte contre l’extrémisme violent.
Enfin, les responsables ecclésiastiques ont insisté sur la nécessité d’un soutien accru aux populations déplacées par les violences armées. Selon l’OCADES Caritas Burkina, le Burkina Faso compte actuellement plus d’un million de personnes déplacées internes.
HO/te/Sf/APA




