La Fédération du Mali, formée par le Sénégal et le Soudan français, entre dans sa phase terminale le 19 août 1960, sur fond de profondes divergences entre les dirigeants des deux composantes, prélude à la rupture définitive intervenue le lendemain.
À peine deux mois après l’accession de la Fédération du Mali à l’indépendance, les désaccords entre les responsables sénégalais et soudanais se cristallisent autour du fonctionnement des institutions fédérales et du contrôle des forces de sécurité.
Le 19 août 1960, la confrontation politique s’intensifie à Dakar. Le gouvernement fédéral dirigé par Modibo Keïta prend des mesures d’exception alors que les relations avec les autorités sénégalaises, notamment autour de Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia, se détériorent rapidement.
Dans la nuit du 19 au 20 août, les forces sénégalaises prennent le contrôle de plusieurs points stratégiques de Dakar. Les responsables soudanais présents dans la capitale sont arrêtés ou placés sous contrôle, tandis que les institutions fédérales cessent de fonctionner normalement.
La crise débouche, le 20 août 1960, sur le retrait du Sénégal de la Fédération du Mali et la proclamation de son indépendance. Cette décision met fin à l’expérience fédérale née en 1959 entre les deux territoires.
Le Soudan français poursuit alors sa propre trajectoire politique sous la direction de Modibo Keïta. Le 22 septembre 1960, il proclame son indépendance et adopte officiellement le nom de République du Mali.
L’éclatement de la Fédération du Mali constitue ainsi l’un des premiers grands épisodes de la recomposition politique de l’Afrique de l’Ouest au lendemain des indépendances. La séquence des 19 et 20 août 1960 marque la séparation définitive de deux États appelés à suivre des trajectoires politiques distinctes.
Sf/APA







