Le 21 octobre 2025, le Mali a accueilli un symposium national dédié à la réadaptation physique. Organisé à Bamako par le ministère de la Santé et du Développement social, en partenariat avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et plusieurs ONG, cet événement a rassemblé des acteurs institutionnels et humanitaires engagés en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap.
L’initiative de Bamako s’inscrit dans un contexte régional où l’autonomie des personnes handicapées devient une priorité croissante des politiques publiques. Selon l’Organisation mondiale de la santé, près de 15 % de la population mondiale vit avec un handicap — soit environ deux millions de personnes au Mali. Les causes les plus fréquentes : séquelles de poliomyélite, accidents de la route et blessures liées aux conflits armés.
Lors de la cérémonie d’ouverture, la ministre de la Santé, médecin colonel-major Assa Badiallo Touré, a salué les efforts du CICR, notamment à travers son Programme de réhabilitation physique. Depuis trois ans, ce programme a permis la création d’un Centre d’excellence en orthoprothèse à Bamako, la formation de spécialistes et l’équipement de nombreuses victimes, souvent issues de milieux précaires ou touchées par la guerre. En 2024, plus de 6 000 personnes ont été prises en charge dans des centres partenaires à Bamako, Mopti, Gao, Tombouctou et Ségou.
Humanité et Inclusion a également été mise à l’honneur pour son soutien dans la prise en charge d’enfants polyhandicapés et la distribution d’aides techniques à Bamako. L’organisation participe à plusieurs programmes conjoints avec l’État visant à renforcer les capacités des centres de rééducation régionaux et à former des professionnels dans des disciplines clés comme la kinésithérapie, l’orthophonie ou l’ergothérapie.
Pour les partenaires internationaux, l’enjeu est clair : renforcer durablement les compétences locales pour garantir une prise en charge autonome et pérenne. Le CICR ambitionne de faire du Mali un centre de référence sous-régional en matière de réadaptation physique et de formation spécialisée.
Cependant, les défis restent de taille. Le pays ne compte actuellement qu’une soixantaine de professionnels qualifiés pour une population de 22 millions d’habitants. Le plan d’action 2025-2027 prévoit de tripler ce nombre et de moderniser les infrastructures, dans un contexte marqué par la persistance des violences et l’augmentation du nombre de blessés et amputés.
Le symposium a souligné la nécessité d’une approche intégrée, articulant santé, inclusion sociale et développement humain. Ses recommandations seront soumises au gouvernement en vue de leur intégration dans la politique sanitaire nationale. Pour les participants, cette rencontre marque une étape décisive vers une refondation du secteur, articulée autour de la solidarité, des compétences locales et du respect de la dignité humaine.
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