Le principal parti d’opposition bissau-guinéen a réclamé la libération « immédiate et inconditionnelle » de son président, dénonçant des poursuites à caractère politique et appelant au dialogue pour sortir de la crise institutionnelle.
Le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) a exigé la « libération immédiate et inconditionnelle » de son président, Domingos Simões Pereira (DSP), dénonçant une « persécution politique et judiciaire » et appelant à un retour à l’ordre constitutionnel par le dialogue.
Réunie en Commission permanente de délibération, la direction du principal parti d’opposition a adopté une résolution en sept points dans laquelle elle réaffirme son soutien à l’ancien Premier ministre et président de l’Assemblée nationale populaire, placé en détention préventive le 10 juillet par un tribunal militaire dans le cadre d’une enquête portant sur une présumée tentative de coup d’État. Ses avocats contestent la compétence de la justice militaire et dénoncent un dossier à caractère politique, tandis que les autorités assurent agir dans le cadre d’une procédure judiciaire.
Le PAIGC estime que son dirigeant doit être libéré afin de « reprendre pleinement sa vie personnelle, sociale et politique ». Il condamne également les « persécutions politiques et judiciaires » dont il affirme que Domingos Simões Pereira est victime, tout en tenant les autorités pour responsables de toute atteinte à sa vie ou à son intégrité physique. Le parti renouvelle sa confiance en son président et exprime sa solidarité avec lui ainsi qu’avec sa famille.
Domingos Simões Pereira avait été arrêté à la suite du coup d’État militaire du 26 novembre 2025, qui avait interrompu le processus électoral. Remis en liberté sous assignation à résidence en janvier 2026 après deux mois de détention, il fait désormais l’objet d’un nouveau placement en détention préventive dans le cadre de la même procédure. Il est poursuivi pour son implication présumée dans un projet de putsch remontant à octobre 2025, des accusations qu’il rejette.
Dans sa résolution, le PAIGC appelle l’Union africaine et la Cédéao à poursuivre leur suivi de la situation politique en Guinée-Bissau conformément aux décisions prises lors du sommet d’Abuja. Il invite également le commandement militaire à engager un dialogue « sérieux et constructif » avec les forces politiques représentatives afin de favoriser une sortie de crise et le rétablissement de la normalité constitutionnelle.
Le parti exhorte enfin la population à rester mobilisée pour la défense de la démocratie, des droits de l’homme et des principes fondamentaux de l’État de droit.
Cette prise de position intervient quelques jours après l’annonce par les autorités de transition de l’organisation, le 30 août prochain, d’un référendum constitutionnel portant sur un projet de nouvelle Constitution instaurant un régime présidentiel. Présentée par le pouvoir comme une étape majeure de la transition, cette consultation est contestée par plusieurs acteurs politiques, qui mettent en cause sa légitimité dans un contexte de crise institutionnelle persistante.
AC/APA







