La justice algérienne a placé 13 personnes en détention provisoire et 28 sous contrôle judiciaire dans une enquête portant sur des irrégularités présumées, des manquements sanitaires et des faits de corruption liés à l’importation de plus d’un million de moutons destinés à l’Aïd al-Adha.
Lors d’une conférence de presse, le procureur général près la cour d’Alger, Mohamed Kamel Ben Boudiaf, a annoncé le placement en détention provisoire de 13 personnes, tandis que 28 autres ont été placées sous contrôle judiciaire. Les mis en cause sont poursuivis notamment pour abus de fonction, trafic d’influence, dilapidation de deniers publics, violation de la législation sur les marchés publics, falsification de documents et blanchiment d’argent.
L’enquête a été ouverte après la découverte d’« indices sérieux » d’irrégularités et a mobilisé plusieurs services spécialisés, dont la Gendarmerie nationale, la Direction générale de la Sûreté nationale ainsi que les services de sécurité intérieure et extérieure. Les investigations portent à la fois sur les conditions sanitaires de l’importation et sur les modalités d’attribution des marchés.
Selon le parquet, l’entreprise publique ALVIAR a importé 1 million 2 332 têtes ovines entre le 25 mars et le 29 mai 2026. Avant le déchargement d’un navire au port de Béjaïa, une inspectrice vétérinaire aurait signalé des symptômes laissant suspecter la présence de maladies contagieuses parmi les animaux. Cette alerte n’aurait toutefois pas empêché leur admission sur le territoire.
Les autorités judiciaires indiquent que 3 615 moutons sont morts, que 10 727 ont été abattus pour des raisons sanitaires et que plusieurs milliers d’autres demeurent sous surveillance vétérinaire. L’enquête fait également état d’un remplacement frauduleux d’animaux homologués par d’autres d’origine inconnue avant leur expédition vers l’Algérie.
Sur le plan financier, les enquêteurs soupçonnent un contournement des règles de concurrence dans l’attribution des marchés. Selon le procureur, des procédures initialement conformes à la réglementation auraient été remplacées par des contrats de gré à gré, permettant à quatre opérateurs de fournir plus de 700 000 têtes ovines. Les investigations relèvent aussi d’importantes disparités de prix, allant de 5,35 à 6 euros le kilogramme selon les fournisseurs, certains moutons acheminés par avion ayant coûté jusqu’à 900 euros l’unité.
L’enquête porte enfin sur des soupçons de falsification de documents administratifs et de fuite d’informations confidentielles concernant un marché relatif aux boucles électroniques d’identification des animaux. Plusieurs personnes mises en cause ont été interdites de quitter le territoire national afin de garantir le bon déroulement des investigations.
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