Le ministre libyen de l’Intérieur par intérim, Emad Al-Trabelsi, a annoncé mercredi 2 septembre la fermeture de 490 stations-service qu’il accuse d’être liées à la contrebande, tout en promettant une amélioration de l’approvisionnement dans les prochains jours.
Également responsable du comité chargé du carburant et du gaz, tout en annonçant la fermeture de 490 stations, faute d’approvisionnement, le ministre libyen de l’Intérieur par intérim, Emad Al-Trabelsi, a indiqué que 365 stations avaient été autorisées à fonctionner en fonction des besoins. Il présente cette réorganisation comme un moyen de mieux contrôler la distribution. Les liens allégués avec la contrebande constituent cependant une appréciation des autorités : l’annonce ne fournit pas un bilan de condamnations judiciaires concernant les établissements fermés.
Emad Al-Trabelsi veut réserver la distribution de gazole aux stations autorisées et mobiliser des moyens supplémentaires de transport. Il a également demandé que le travail du comité soit protégé des pressions et des interventions extérieures. Le responsable a mis en cause certains dysfonctionnements de la chaîne pétrolière, sans apporter dans cette déclaration une expertise indépendante permettant d’en répartir précisément les responsabilités.
Les difficultés actuelles prolongent des tensions déjà examinées par le gouvernement plusieurs mois auparavant. Le 31 mai, une réunion consacrée aux files d’attente avait notamment porté sur les capacités de transport de la société Brega et sur la stabilité des livraisons. Le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah avait parallèlement demandé une enquête sur les encombrements et les fermetures de stations sans justification légale dans le Grand Tripoli.
L’importance des volumes mobilisés ne suffit donc pas, à elle seule, à renseigner sur la régularité de l’approvisionnement local. Les données de la National Oil Corporation pour juillet faisaient état d’environ 1,006 milliard de dollars d’importations de produits pétroliers, soit quelque 869 millions d’euros au cours indicatif du 2 septembre. Elles comptabilisaient près de 1,37 million de tonnes distribuées, toutes catégories de produits confondues.
La ventilation de ces livraisons faisait apparaître environ 646 900 tonnes de gazole et 512 900 tonnes d’essence, auxquelles s’ajoutaient notamment du fioul et du gaz de pétrole liquéfié. Il s’agit de données mensuelles antérieures aux mesures annoncées mercredi, et non d’un bilan de leur efficacité. Elles donnent néanmoins la mesure de la logistique nécessaire pour alimenter le marché.
La compagnie pétrolière avait aussi signalé le report sur août de cargaisons représentant 90 000 tonnes de gazole et 120 000 tonnes d’essence, en raison de contraintes de chargement, de déchargement et de disponibilité des quais. Le rétablissement promis dépend ainsi à la fois du contrôle des circuits de distribution et de la capacité à acheminer régulièrement les produits jusqu’aux consommateurs.
MK/AK/APA







