L’Afrique du Sud a fermé le centre temporaire de traitement des rapatriements de Musina, près de la frontière avec le Zimbabwe, deux mois après son ouverture pour répondre à l’afflux de ressortissants étrangers fuyant des violences xénophobes, a annoncé jeudi le gouvernement.
Mis en service le 26 juin, le centre temporaire de traitement des rapatriements de Musina, que l’Afrique du Sud a décidé de fermer, avait été aménagé pour accueillir les migrants sollicitant une assistance en vue de leur rapatriement, dans un contexte marqué par des attaques visant des ressortissants étrangers dans plusieurs villes sud-africaines.
Ces violences, sur fond de chômage élevé et de tensions liées à la présence de migrants, avaient poussé des milliers de personnes, principalement originaires du Zimbabwe, du Malawi et du Mozambique, à quitter l’Afrique du Sud pour rejoindre les pays voisins.
Selon le Comité interministériel sur les migrations (IMC), 48 948 ressortissants étrangers ont été pris en charge au centre de Musina. Parmi eux, 95,5 % avaient franchi la frontière en dehors des points de passage officiels.
Face à la baisse progressive des arrivées, les activités du centre avaient été réduites au début du mois d’août, avant sa fermeture définitive le 21 août. Le gouvernement justifie cette décision par la diminution de la demande et les coûts élevés liés au fonctionnement de l’installation.
L’IMC a toutefois précisé que les expulsions et les rapatriements se poursuivront conformément à la législation sud-africaine sur l’immigration et aux obligations internationales du pays. Ces opérations seront désormais coordonnées depuis des structures autorisées, notamment le centre de Lindela.
Les autorités ont également lancé une mise en garde contre les initiatives communautaires visant à se substituer aux services de l’État dans le contrôle de l’immigration.
« Le contrôle de l’immigration, les expulsions et les rapatriements facilités relèvent exclusivement de la responsabilité de l’État », a rappelé l’IMC, dénonçant toute tentative de procéder à des contrôles d’identité illégaux, à des intimidations, à des expulsions ou à des actes de justice populaire contre des étrangers.
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