Le président tunisien Kaïs Saïed a appelé à accélérer la réalisation des projets sanitaires tout en dénonçant des retards et des dysfonctionnements qu’il attribue notamment à des blocages et à des pratiques de corruption.
Le président tunisien Kaïs Saïed s’est entretenu avec le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, au sujet de l’état d’avancement de plusieurs projets sanitaires à travers le pays. La rencontre a été consacrée aux moyens d’améliorer les prestations du secteur public et de garantir l’accès aux soins, le chef de l’État réaffirmant que la santé constitue, selon lui, un droit humain fondamental devant être assuré à tous dans des conditions d’égalité.
Parmi les avancées évoquées figurent les dispositifs de téléinterprétation des analyses médicales et des radiographies. Ces solutions doivent permettre aux patients et à leurs familles d’éviter certains déplacements et de réduire les délais d’attente. Le développement de ces services constitue l’un des volets mis en avant par les autorités pour améliorer l’accès aux prestations médicales sur l’ensemble du territoire.
Le président tunisien a toutefois dressé un constat beaucoup plus sévère sur l’état du système de santé publique. Il a affirmé que celui-ci avait fait l’objet de « ciblage et de dégradation », estimant que plusieurs projets avaient accumulé du retard alors même que les crédits nécessaires étaient disponibles. Kaïs Saïed a également dénoncé des blocages qu’il a qualifiés d’intentionnels ainsi que la détérioration de certains équipements, qu’il attribue à des parties impliquées dans des pratiques de corruption.
Face à ces accusations, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’une reddition des comptes qu’il souhaite « rigoureuse et équitable ». Cette position traduit une volonté affichée de s’attaquer aux dysfonctionnements administratifs et aux pratiques qu’il considère comme ayant contribué à la dégradation des services publics. Les déclarations présidentielles ne précisent toutefois pas, dans les éléments rapportés, les projets concernés ni les responsables visés.
Kaïs Saïed a parallèlement salué les compétences du personnel médical, paramédical et des agents de santé tunisiens. Il a notamment souligné l’attractivité des compétences médicales tunisiennes à l’étranger, y compris dans des pays disposant de systèmes de santé avancés, y voyant un signe du rayonnement de l’école de médecine tunisienne.
Le président a enfin annoncé qu’un nouveau cadre juridique devait permettre aux professionnels de santé d’innover davantage dans l’exercice de leurs fonctions. Il s’est dit convaincu que le secteur sanitaire et les autres services publics pourraient se rétablir conformément aux aspirations de la population, tout en affirmant que le processus de reconstruction et de développement se poursuivrait.
MK/Ak/APA





