À deux mois des élections locales du 28 novembre, les autorités algériennes ont multiplié les appels à l’unité nationale et au resserrement des rangs, dans un contexte où le discours institutionnel demeure largement centré sur la souveraineté et la stabilité.
La rentrée parlementaire en Algérie s’est ouverte cette année dans un contexte particulier, marqué par l’installation de la dixième législature issue des élections organisées sous la Constitution de 2020 et par l’approche des élections locales prévues le 28 novembre. Si cette session revêt une dimension historique avec l’accession de Khalida Boufedeche à la présidence de l’Assemblée populaire nationale, première femme à occuper cette fonction, les discours officiels ont surtout mis l’accent sur la cohésion nationale, la souveraineté et la fidélité aux institutions.
Dans sa première allocution solennelle, la nouvelle présidente de l’APN a insisté sur les fondements historiques et identitaires de l’État, affirmant que la force de l’Algérie repose sur l’unité du peuple, la solidité des institutions, l’armée et les services de sécurité. Elle a appelé les députés à faire de cette législature un espace de dialogue responsable et de pratique démocratique sereine, tout en rappelant que la confiance des citoyens doit se mesurer aux réalisations plutôt qu’aux discours.
Cette rhétorique intervient toutefois alors que les autorités cherchent à mobiliser autour des prochaines échéances électorales. Le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, a présenté le scrutin du 28 novembre comme une nouvelle étape destinée à consolider la pratique démocratique, renouveler les élites locales et renforcer la bonne gouvernance. L’accent mis sur ces objectifs traduit la volonté affichée de donner une portée politique à ces élections.
Les interventions des deux responsables ont néanmoins été dominées par un registre sécuritaire et souverainiste. Azouz Nasri a réaffirmé le soutien du Parlement aux orientations de la diplomatie algérienne, notamment à la décision de rompre les relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Il a également évoqué l’existence de pressions extérieures et appelé les citoyens à se rallier aux institutions de l’État face à ce qu’il a qualifié de campagnes de déstabilisation.
Au-delà des annonces institutionnelles, cette rentrée parlementaire met surtout en lumière la persistance d’un discours officiel largement tourné vers les références historiques, la défense de la souveraineté et l’appel au rassemblement autour de l’État. À l’approche des élections locales, les autorités cherchent à inscrire ce scrutin dans une logique de continuité institutionnelle, tandis que les attentes liées au renouvellement de la gouvernance locale restent confrontées au défi de traduire les engagements affichés en résultats concrets.
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