Après les incendies qui ont touché le Centre et l’Est du pays, les autorités algériennes ont lancé une commission interministérielle chargée de préparer en vingt jours un projet de loi sur la construction en zones forestières, dans une nouvelle tentative de répondre à des vulnérabilités mises en lumière par les catastrophes récentes.
Le gouvernement algérien a engagé une nouvelle séquence de réforme après les incendies qui ont ravagé plusieurs wilayas ces dernières semaines. Une commission interministérielle, installée à Alger sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune, devra examiner le cadre juridique existant et proposer, sous vingt jours, un texte destiné à encadrer les constructions dans les zones forestières et leurs abords.
Présentée comme une réponse axée sur la prévention, cette initiative intervient alors que les incendies ont une nouvelle fois révélé les difficultés persistantes liées à l’urbanisation dans des espaces particulièrement exposés. Les autorités affichent désormais l’objectif de mieux intégrer les contraintes d’implantation des habitations, les caractéristiques des constructions et les mesures de protection contre le risque de feu.
Une commission technique multisectorielle a également été installée au ministère de l’Habitat sous la présidence du ministre Mohamed Tarek Belaribi. Elle réunit des représentants de nombreux départements, dont la Défense, l’Intérieur, l’Agriculture, l’Énergie, les Transports, la Justice, les Finances, l’Environnement, ainsi que des établissements techniques, des écoles et des universités.
La mission confiée à cette structure consiste à revoir les dispositions législatives et réglementaires existantes afin de définir de nouvelles normes adaptées aux spécificités des territoires forestiers. Le gouvernement affirme vouloir passer d’une logique d’intervention après les catastrophes à une approche davantage tournée vers l’anticipation.
Le calendrier fixé apparaît toutefois particulièrement serré. La commission dispose de vingt jours pour remettre son rapport final, lequel doit servir de base à l’élaboration d’un nouveau cadre juridique et réglementaire. Au-delà de l’affichage d’une réponse rapide, ce délai soulève la question de la capacité à produire un dispositif suffisamment abouti pour répondre à une problématique qui mobilise de nombreux secteurs et touche des réalités territoriales complexes.
À l’issue de la réunion, le Premier ministre a appelé à élargir la concertation à l’ensemble des acteurs concernés afin d’enrichir le futur texte. Reste que cette nouvelle initiative s’inscrit dans une série de réponses institutionnelles annoncées après les incendies successifs, alors que le principal défi demeure celui de leur traduction effective sur le terrain.
MA/AK/Sf/APA





