Une militante tunisienne a été arrêtée samedi 29 novembre lors d’une manifestation de centaines de personnes à Tunis pour dénoncer les atteintes à la liberté d’expression dans le pays, ont indiqué ses avocats et des médias.
La militante Chaïma Issa a été arrêtée lors d’une manifestation qui s’est tenue au lendemain de la condamnation en appel d’une quarantaine de personnes, dont plusieurs figures de l’opposition, à de lourdes peines de prison, à l’issue d’un « procès politique », selon l’ONG Human Rights Watch.
Dans la soirée de samedi 29 novembre, Chaïma Issa a été arrêtée pour l’exécution de la peine définitive prononcée contre elle dans le cadre de l’affaire du complot contre la sûreté de l’État, a rapporté une source judiciaire citée par l’Agence Tunis Afrique Presse.
Selon cette source, Chaïma Issa a été appréhendée par les agents de la police judiciaire après avoir été inscrite sur la liste des personnes recherchées, conformément à la décision finale de la Cour d’appel de Tunis.
Elle a été interpellée pendant le rassemblement, ont expliqué ses avocats à l’agence AFP.
« Des agents en civil l’ont attrapée et poussée dans un véhicule », a raconté l’un d’entre eux, Me Samir Dilou.
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme de la Cour d’appel de Tunis avait rendu, dans la nuit de vendredi, des peines définitives de prison à l’encontre des accusés impliqués dans cette affaire. Chaïma Issa Ibrahim Ben Bahki a été condamnée à 20 ans de prison, à une amende de 50 000 dinars et à la confiscation de ses fonds dans les établissements financiers tunisiens.
Cette arrestation intervient dans le cadre de l’application stricte des décisions judiciaires et de la lutte contre les atteintes à la sûreté de l’État en Tunisie, ajoute la source judiciaire.
Depuis le coup de force du président Kaïs Saïed à l’été 2021 par lequel il s’est octroyé les pleins pouvoirs, des ONG tunisiennes et étrangères déplorent un recul des droits et libertés en Tunisie, berceau du Printemps arabe en 2011.
Des dizaines d’opposants, avocats, journalistes, humanitaires, sont détenus pour des accusations de complot ou en vertu d’un décret sur les fausses informations.
AK/ac/Sf/APA







