La cinquième édition de « The Return », une initiative portée par l’organisation Senafric, met cette année le cap sur la Casamance pour offrir aux Afro-descendants une immersion culturelle et spirituelle, tout en favorisant les échanges économiques avec le Sénégal.
Le lancement ce vendredi à Gorée, de la 5e édition de l’initiative « The Return » qui s’étend sur quatre jours, entend transformer le retour sur la terre ancestrale en un véritable levier de reconnexion et de coopération.
Présidente de Senafric et promotrice de « The Return », Rama Ata Gaye explique que cette édition marque une nouvelle étape dans la démarche engagée depuis plusieurs années pour rapprocher les Africains du continent et les descendants de la diaspora.
« Nous parlons d’un retour victorieux », affirme-t-elle. Selon elle, l’initiative ne se limite pas à un voyage mémoriel, mais constitue un processus de guérison et de réconciliation avec l’histoire.
L’un des temps forts de cette édition reste la cérémonie symbolique autour de la Porte du Non-Retour sur l’île de Gorée. Pour de nombreux participants, refermer symboliquement cette porte représente un acte de résilience et la fin d’un long traumatisme historique lié à la traite négrière.
« Comme l’a rappelé Jerome Williams, on pardonne mais on n’oublie pas. Refermer cette porte est un geste fort qui symbolise la fin de la douleur du peuple noir et la reconnexion entre les Africains et leurs descendants », souligne Rama Ata Gaye.
Au-delà de la dimension spirituelle, The Return veut également encourager des partenariats économiques. Selon sa promotrice, chacun des participants est arrivé avec un projet susceptible de créer des opportunités d’investissement ou de coopération avec le Sénégal.
Le programme prévoit notamment une visite à Touba pour des bénédictions religieuses, une cérémonie d’intronisation sur la plage, une découverte de la Casamance, un déjeuner africain ainsi qu’une soirée de gala ponctuée d’un combat de boxe placé sous le signe de la légende Mohamed Ali, figure universelle de la lutte pour la dignité et les droits civiques.
Parmi les invités figure Jerome Williams, ancien joueur de la NBA, connu sous le surnom de « Junkyard Dog » (J.Y.D.), qui participe pour la première fois à un voyage au Sénégal.
À Gorée, l’ancien joueur des New York Knicks a décrit une expérience profondément émouvante. Après avoir visité la Porte du Non-Retour, il confie avoir trouvé un sentiment de paix et de réconciliation.
« Nous n’avons jamais eu accès à toute la vérité sur nos ancêtres. Aujourd’hui, j’ai pu voir cette porte, la toucher, l’ouvrir et finalement la refermer. Pour nous, Afro-Américains, c’est une prière et un symbole de paix », déclare-t-il.
Accompagné d’une délégation américaine représentant la diaspora, Jerome Williams estime que cette visite constitue une occasion unique de renouer avec les racines africaines et de bâtir de nouvelles passerelles entre les deux rives de l’Atlantique.
Il salue l’accueil réservé par le Sénégal et appelle à renforcer les liens entre les peuples. « Nous repartons avec de l’espoir. Nous voulons construire la prospérité, créer des connexions et transmettre cette histoire aux jeunes afin qu’ils recherchent toujours la vérité », affirme-t-il.
À travers « The Return », les organisateurs ambitionnent ainsi de faire du devoir de mémoire un moteur de rapprochement culturel, spirituel et économique entre l’Afrique et sa diaspora, en faisant du Sénégal une terre de retrouvailles et d’opportunités pour les Afro-descendants du monde entier.
TE/Sf/APA







