Une station de radio située au nord de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a été transformée en bureau des services de renseignement de l’AFC/M23, selon un rapport publié jeudi par Reporters sans frontières (RSF).
La Radiotélévision Nyiragongo Musisimuke, qui a cessé d’émettre en janvier 2025 après la prise de contrôle de la zone par la coalition armée, est depuis occupée par les services de renseignement du groupe AFC/M23, affirme l’organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF).
RSF indique que les anciens studios de la radio servent à la fois aux activités de renseignement et de lieu de détention temporaire pour des civils. L’organisation s’appuie notamment sur des témoignages et des photographies montrant que le logo de la station est toujours visible à l’entrée du site.
Des témoins cités par RSF font état d’interrogatoires violents, de conditions d’alimentation insuffisantes et de transferts de détenus vers le bureau provincial du renseignement à Goma, surnommé « Chien Méchant ».
RSF a dénoncé une « nouvelle ligne rouge franchie » par l’AFC/M23, déjà accusée de détenir des journalistes dans des conteneurs maritimes et de réprimer les libertés de la presse dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
« RSF condamne une nouvelle tactique qui expose la violence perpétrée par le groupe rebelle contre les médias et les journalistes », a déclaré l’organisation.
La coalition AFC/M23, réapparue fin 2021, a renforcé son emprise sur l’est de la RDC depuis le début de l’année 2025, prenant le contrôle de plusieurs territoires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Cette offensive a entraîné le déplacement de centaines de milliers de civils, perturbé les axes commerciaux et provoqué des affrontements répétés avec les forces gouvernementales et leurs alliés.
L’AFC/M23 affirme défendre les droits des communautés congolaises tutsies, tandis que Kinshasa et plusieurs observateurs internationaux l’accusent de nombreuses exactions, notamment des arrestations arbitraires et des atteintes aux libertés des médias.
Les porte-parole de l’AFC/M23 ainsi que le responsable du service de renseignement opérant depuis la station de radio n’ont pas répondu aux sollicitations de RSF.
JN/lb/te/Sf/APA







