La rapporteure spéciale de l’ONU sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association, Gina Romero, a appelé les autorités zambiennes à autoriser une enquête internationale sur les allégations de violations des droits humains et de restrictions croissantes de l’espace civique dans le pays.
Dans une déclaration publiée mercredi, la rapporteure spéciale de l’ONU, Gina Romero, experte indépendante, s’est dite « gravement préoccupée » par la dégradation de la situation démocratique en Zambie, notamment à la suite d’élections contestées.
Selon elle, plusieurs faits rapportés ces derniers mois font état d’un climat marqué par des intimidations, des arrestations arbitraires de militants et de responsables de l’opposition, ainsi que des détentions prolongées sans inculpation.
Gina Romero a également évoqué des accusations de trahison visant de hauts responsables de l’opposition, estimant que le recours à des chefs d’accusation juridiquement ambigus contre des parlementaires, des opposants et des acteurs de la société civile constitue une menace pour l’intégrité démocratique.
« Ces développements témoignent d’une tendance plus générale au rétrécissement de l’espace civique », a-t-elle déclaré, appelant les autorités à prendre des mesures urgentes pour garantir le respect des libertés fondamentales.
L’experte onusienne a par ailleurs fait état de cas documentés d’intimidation d’électeurs, d’agressions et d’enlèvements, ainsi que de violences ayant entraîné la mort, notamment celle d’un ancien ministre et d’un agent électoral.
Elle a exhorté le gouvernement à libérer les personnes détenues pour des motifs politiques, à garantir les libertés d’expression, de réunion et d’association et à rétablir des mécanismes efficaces de reddition de comptes.
La situation postélectorale est également marquée, selon elle, par des restrictions visant les médias et les organisations de la société civile. En août, les autorités zambiennes ont notamment annulé la tenue de RightsCon, un forum international consacré aux technologies et aux droits humains, sur fond de pressions administratives et politiques.
L’appel de Gina Romero intervient après plusieurs alertes lancées par des experts des Nations unies sur la situation des droits humains en Zambie. En 2025, le rapporteur spécial sur la liberté d’opinion et d’expression avait déjà fait état de risques liés aux restrictions et aux intimidations dans le pays.
Pour la rapporteure spéciale, la persistance de ces pratiques pourrait avoir des conséquences au-delà des frontières zambiennes, en fragilisant les normes démocratiques dans la région. Elle a ainsi appelé la communauté internationale à renforcer son soutien à la protection de l’espace civique et des libertés fondamentales.
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