Alors que le Conseil de sécurité des Nations Unies s’apprête à renouveler le mandat de la MINURSO, Alger intensifie ses démarches diplomatiques sur le dossier du Sahara.
Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, s’est entretenu mardi soir par téléphone avec son homologue russe Sergueï Lavrov, selon un communiqué officiel publié par le ministère algérien.
La conversation a porté sur « les principales questions inscrites à l’ordre du jour du Conseil de sécurité sous présidence russe », notamment « la décolonisation du Sahara », précise la même source. En pleine phase de discussions sur le projet de résolution concernant le territoire, Alger cherche à mobiliser le soutien de Moscou et à raviver son appui au Front Polisario, qu’elle héberge et finance depuis plusieurs décennies.
Dans son communiqué, largement relayé par les médias publics, la diplomatie algérienne insiste sur le respect de la « légalité internationale » et des « résolutions pertinentes des Nations Unies », tout en adoptant un ton critique à l’égard du Maroc. Cette posture traduit la volonté d’Alger d’exercer une pression accrue à la veille du vote onusien sur la prolongation du mandat de la MINURSO.
De son côté, la Russie, partenaire stratégique de l’Algérie, maintient une position de prudente neutralité. Moscou appelle régulièrement à un « règlement politique mutuellement acceptable » sans reconnaître la « République arabe sahraouie démocratique » (RASD), contrairement à Alger qui continue de présenter la question du Sahara comme un « dossier de décolonisation ».
Parallèlement, le Front Polisario a adressé lundi une lettre au secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, contenant une « proposition élargie » en faveur de l’autodétermination, alors que le Conseil de sécurité s’apprête à examiner la résolution annuelle sur la MINURSO, dont le mandat expire fin octobre.
Depuis l’adoption en 2007 de la résolution 1754, le Conseil de sécurité considère la proposition marocaine d’autonomie comme « sérieuse et crédible », tout en appelant les parties à rechercher un compromis politique. Soutenu par les États-Unis, la France et plusieurs pays africains et arabes, le Maroc continue de promouvoir cette initiative comme la voie la plus réaliste vers une stabilité régionale durable.
À l’inverse, l’Algérie, de plus en plus isolée sur le plan diplomatique, tente de relancer une cause sahraouie en perte de vitesse, y compris au sein de l’Union africaine, face à la dynamique marocaine soutenue sur les plans diplomatique et économique.
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