Le Royaume-Uni a exhorté la Tanzanie à enquêter sur les violations présumées des droits humains commises lors des élections d’octobre 2025 et à réexaminer le maintien en détention du chef de l’opposition, Tundu Lissu.
Lors de l’Examen périodique universel (EPU) de la Tanzanie devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, jeudi à Genève, l’ambassadrice britannique pour les droits humains, Eleanor Sanders, a exprimé ses préoccupations concernant les violences signalées autour du scrutin, notamment le recours présumé à une force excessive par les forces de sécurité et les pertes en vies humaines.
« Le Royaume-Uni recommande à la Tanzanie de mettre en place des mécanismes judiciaires transparents et responsables pour traiter les violations des droits humains survenues durant la période électorale de 2025, notamment à travers des enquêtes indépendantes, des poursuites contre les auteurs, y compris les agents de l’État, et des mesures de réparation en faveur des victimes », a déclaré Mme Sanders.
La diplomate a également appelé les autorités tanzaniennes à mettre fin aux détentions provisoires prolongées et à revoir le recours à des infractions excluant la possibilité de libération sous caution, notamment dans les affaires impliquant des opposants politiques, des journalistes, des défenseurs des droits humains et des militants de la société civile.
Londres a, par ailleurs, recommandé l’amendement ou l’abrogation de certaines dispositions législatives, notamment celles relatives aux partis politiques, aux services médiatiques, à la cybercriminalité et aux communications électroniques et postales. Ces textes sont notamment critiqués pour les restrictions qu’ils imposeraient à l’espace politique et civique.
Cette intervention intervient dans un contexte de contestation persistante des élections générales de 2025, marquées par des accusations d’irrégularités, des restrictions visant les activités de l’opposition et une répression sécuritaire avant et après le scrutin.
Les partis d’opposition et les organisations de défense des droits humains ont remis en cause la crédibilité du processus électoral, tandis que le gouvernement a défendu le déroulement du vote.
Le Royaume-Uni a également déploré la non-publication du rapport de la commission chargée d’enquêter sur les violences électorales, estimant que la reddition des comptes et une réconciliation inclusive sont indispensables pour surmonter les conséquences de la crise.
Le cas de Tundu Lissu, dirigeant du principal parti d’opposition, le CHADEMA, a également été soulevé. Son maintien en détention, dans un contexte de tensions politiques accrues à l’approche du scrutin, a suscité des critiques de la part de ses partisans, d’organisations de défense des droits humains et de partenaires internationaux.
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