Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont engagé, lundi 2 novembre 2026 à Bamako, une nouvelle concertation sur la coordination de leurs fréquences militaires, avec pour objectif de sécuriser les communications et de prévenir les interférences entre les systèmes utilisés par leurs forces de défense et de sécurité.
Cette deuxième réunion de coordination, organisée par l’Autorité malienne de régulation des télécommunications, des technologies de l’information et de la communication et des postes (AMRTP), se poursuit jusqu’au mercredi 4 novembre. Elle réunit des représentants militaires et des spécialistes des communications radioélectriques des trois pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES).
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le général de division Oumarou Diarra, en présence du président de l’AMRTP, Saïdou Pona Sankaré, et de responsables des administrations concernées.
Les discussions portent notamment sur l’identification des difficultés rencontrées dans l’utilisation des fréquences militaires, la prévention des brouillages et l’amélioration de la compatibilité des moyens de communication, particulièrement dans les zones frontalières.
Une coordination technique à renforcer
Parmi les principaux projets examinés figure la constitution d’une base de données commune des fréquences militaires. Cet outil vise à faciliter la coordination entre les administrations compétentes et à limiter les risques d’interférences entre les systèmes de transmission des trois pays.
Les délégations doivent également examiner les modalités d’harmonisation des procédures techniques et les mécanismes d’échange d’informations nécessaires à une gestion concertée du spectre radioélectrique.
Ces travaux concernent un domaine essentiel au fonctionnement des équipements de communication. L’utilisation de fréquences identiques ou voisines, sans coordination appropriée, peut provoquer des perturbations affectant la qualité et la disponibilité des transmissions.
Dans les zones frontalières du Mali, du Burkina Faso et du Niger, où les forces de défense conduisent des opérations de sécurité, les autorités souhaitent disposer de moyens de communication plus fiables et mieux coordonnés.
La rencontre de Bamako doit permettre d’évaluer les avancées réalisées depuis les précédentes concertations, d’identifier les difficultés persistantes et de formuler des recommandations sur les dispositions techniques à mettre en œuvre.
Les conclusions attendues le 4 novembre devraient préciser les prochaines étapes de cette coopération. La création effective de la base de données commune reste, à ce stade, un projet examiné par les participants.
Des accords de coopération antérieurs
La réunion intervient dans le prolongement de plusieurs initiatives engagées par les trois États pour harmoniser la gestion de leurs communications électroniques.
En octobre 2025, Niamey avait accueilli des concertations consacrées à la coordination des fréquences radioélectriques aux frontières des pays membres de l’AES, avec la participation des autorités de régulation et des représentants des forces de défense et de sécurité.
Le 21 novembre 2025, un accord de coordination des fréquences avait également été signé à Ouagadougou, en marge de la Semaine du numérique du Burkina Faso. Il prévoyait notamment l’harmonisation des procédures, des échanges d’informations entre régulateurs et des mécanismes de prévention des interférences transfrontalières.
Plus récemment, le 25 septembre 2026, les autorités de régulation du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont signé, toujours à Ouagadougou, une convention de coopération couvrant les communications électroniques et les services postaux.
Cet accord porte notamment sur la gestion des fréquences, la cybersécurité, l’itinérance téléphonique, la protection des consommateurs et la reconnaissance mutuelle des équipements homologués. Il prévoit également la création d’un Conseil des régulateurs du Sahel, destiné à servir de cadre permanent de concertation.
La réunion de Bamako se distingue de ces initiatives générales par son orientation vers les fréquences utilisées par les forces de défense et de sécurité.
Les travaux doivent s’achever mercredi 4 novembre, avec la présentation des conclusions et des recommandations des experts des trois pays.
MD/te/Sf/APA





