Plus de 66 000 Nigérians ont fui vers le Niger et le Bénin depuis le début de l’année 2026, soit trois fois plus qu’à la même période en 2025, poussant le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à réclamer 2 millions de dollars pour répondre à l’urgence humanitaire dans ces deux pays voisins.
Dans une alerte publiée vendredi, l’agence onusienne attribue cette hausse des déplacements à l’intensification des violences et de l’insécurité dans le nord du Nigeria, qui contraignent des milliers de personnes à abandonner leurs localités pour chercher refuge au-delà des frontières.
Le Niger accueille la majorité de ces nouveaux réfugiés. À la mi-octobre, près de 60 000 Nigérians avaient rejoint les régions de Tahoua et de Diffa. La seule région de Tahoua a enregistré environ 36 300 arrivées en l’espace de deux mois.
La situation est aggravée par le manque de moyens pour enregistrer les nouveaux arrivants. Plus de 34 000 personnes ne sont toujours pas enregistrées, ce qui limite leur accès à l’assistance humanitaire, aux services sociaux et aux documents d’identité, tout en augmentant leur exposition aux risques de protection.
Au Bénin, les arrivées se multiplient également dans les zones frontalières, où les capacités d’accueil et d’intervention restent limitées. Cette situation exerce une pression supplémentaire sur les communautés locales et les services essentiels.
L’appel de 2 millions de dollars lancé par le HCR doit financer les interventions prioritaires entre novembre 2026 et janvier 2027. L’objectif est notamment d’assurer l’enregistrement et la délivrance de documents d’identité à plus de 44 000 personnes au Niger et au Bénin, ainsi que de fournir une assistance vitale à 52 000 personnes au Nigeria.
Cette nouvelle urgence intervient dans un contexte de sous-financement des opérations humanitaires au Sahel central. À la fin septembre 2026, la réponse du HCR dans cette région n’était financée qu’à hauteur de 27 % des 329,6 millions de dollars nécessaires.
Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, près de 4 millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers, parmi lesquelles environ 820 000 réfugiés et demandeurs d’asile. Ce bilan représente près du double des déplacements recensés en octobre 2020, lorsque la région comptait plus de 1,7 million de déplacés internes et quelque 365 000 réfugiés.
TE/APA





