La révolution de l’intelligence artificielle impose au Sénégal de renforcer sa maîtrise des données, des compétences et des infrastructures numériques pour ne pas subir les transformations technologiques mondiales, mais les mettre au service de ses propres priorités de développement, a souligné jeudi à Dakar Victor Ndiaye, président-directeur général de Performances Group.
S’exprimant lors de la leçon inaugurale de la rentrée des Masters du Groupe Institut africain de management (IAM), autour du thème « De l’intelligence artificielle à l’intelligence souveraine : quel leadership pour le Sénégal 2050 ? », le consultant a placé la question de la souveraineté au cœur des choix stratégiques auxquels le pays est confronté.
Dans un contexte où l’intelligence artificielle transforme les économies, les administrations et les rapports de puissance, le Sénégal est appelé à dépasser la seule adoption des outils technologiques pour construire une capacité nationale à les orienter et à les adapter à ses réalités.
Cette ambition passe notamment par la production de données locales, leur maîtrise et le développement de solutions prenant en compte les spécificités économiques, sociales et culturelles du pays. La valorisation des langues africaines constitue également un enjeu central pour rendre ces technologies accessibles au plus grand nombre.
La souveraineté numérique ne saurait toutefois être dissociée des capacités énergétiques nationales. Le fonctionnement des infrastructures d’intelligence artificielle nécessitant d’importantes ressources électriques, leur développement pose la question de la disponibilité et du coût de l’énergie, particulièrement pour les pays dépendants des importations d’hydrocarbures.
Au cours des échanges, l’accent a également été mis sur la nécessité d’intégrer l’intelligence artificielle dans la conception des politiques publiques et des stratégies sectorielles. Ses implications sur l’emploi, la productivité et l’organisation des institutions imposent désormais de prendre en compte cette dimension dans la planification du développement.
Les étudiants présents ont, pour leur part, soulevé les difficultés liées à la traduction des orientations institutionnelles en initiatives concrètes. Ils ont notamment insisté sur la nécessité de mieux articuler les politiques publiques, le fonctionnement des institutions et les projets portés par les jeunes.
À travers cette rencontre, l’IAM a ainsi ouvert le débat sur les conditions d’un leadership capable de faire de l’intelligence artificielle un levier de transformation nationale, sans compromettre l’autonomie stratégique du Sénégal.
Fort de plus de 35 ans d’expérience dans le conseil en management stratégique, Victor Ndiaye a accompagné une quinzaine de pays africains dans l’élaboration de leurs plans stratégiques nationaux et sectoriels.
TE/APA





