L’Union européenne renforce son partenariat stratégique avec l’Égypte à travers une nouvelle subvention de 75 millions d’euros, officialisée mercredi à Bruxelles, dans un contexte de coopération accrue mais sur fond de critiques liées aux droits humains.
La Commission européenne doit signer un nouveau programme d’aide financière de 75 millions d’euros en faveur de l’Égypte, a indiqué un haut fonctionnaire européen à EuroNews. L’annonce intervient à l’occasion d’un sommet de haut niveau UE–Égypte, organisé mercredi à Bruxelles, en présence de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, du président du Conseil européen António Costa, et du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.
Cette subvention s’inscrit dans le cadre macrofinancier adopté en mars 2024, d’un montant total de 7,4 milliards d’euros sur la période 2024–2027. Selon la Commission, les fonds visent à promouvoir le développement socio-économique, renforcer la résilience et soutenir une croissance inclusive, notamment à travers l’amélioration de l’accès à la santé, à l’éducation, à l’eau et à l’assainissement, avec une priorité donnée aux femmes et aux jeunes.
« Ce premier sommet marque une nouvelle phase de notre partenariat stratégique et global, consolidant la coopération en matière de résilience économique, de développement durable et de réformes », a déclaré Dubravka Šuica, commissaire européenne chargée de la Méditerranée. L’UE prévoit par ailleurs d’annoncer de nouveaux prêts au Caire dans le cadre du même programme pluriannuel.
Depuis 2024, l’Union européenne considère l’Égypte comme un partenaire clé dans six domaines prioritaires : la stabilité politique, le développement économique, le commerce et l’investissement, la gestion des migrations, la sécurité régionale et la valorisation du capital humain. En avril 2024, Bruxelles avait déjà débloqué un prêt d’un milliard d’euros d’assistance à court terme pour soutenir la stabilité macroéconomique du pays.
L’Union européenne demeure le premier partenaire commercial du Caire, représentant 22 % du commerce extérieur égyptien et près de 26,5 % des exportations. Toutefois, chaque tranche d’aide européenne reste soumise à l’adoption d’actes législatifs distincts, rendant le versement dépendant de l’unanimité politique au sein de l’UE.
Le renforcement de la coopération économique s’accompagne de critiques persistantes quant à la situation des droits de l’homme en Égypte. Plusieurs organisations internationales accusent le régime d’Abdel Fattah al-Sissi de réprimer l’opposition et de restreindre les libertés publiques. Malgré cela, Bruxelles justifie son approche par la nécessité de stabiliser un partenaire régional central, notamment dans la gestion des flux migratoires.
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