Le président du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), Aboubakar Nacanabo, a appelé les Etats membres à renforcer la résilience de leurs économies et à préserver leur souveraineté économique, face aux incertitudes de l’environnement international.
« Nos économies doivent savoir anticiper les chocs, renforcer leur résilience et préserver leur souveraineté économique », a déclaré le secrétaire général du Conseil des ministres de l’UEMOA, et ministre burkinabè de l’Economie et des Finances, à l’ouverture de la troisième session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union, au siège de la BCEAO, à Dakar.
La réunion intervient dans un contexte international marqué par les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les équilibres économiques et financiers mondiaux.
Pour Aboubakar Nacanabo, cette situation impose aux pays de l’Union de renforcer leurs capacités d’anticipation et d’action collective.
« Notre réunion revêt une importance particulière au niveau institutionnel. Elle constitue un moment de responsabilité collective », a-t-il déclaré.
Une activité économique soutenue
Malgré les incertitudes internationales, l’activité économique dans l’UEMOA demeure dynamique.
Au deuxième trimestre 2026, la croissance est estimée à 6 %, après 6,1 % au trimestre précédent, selon les données présentées par le président du Conseil.
Cette performance est portée par l’ensemble des secteurs d’activité et traduit, selon lui, la capacité de résilience des économies de l’Union.
L’environnement mondial reste toutefois moins favorable. La croissance mondiale est projetée à 3 % en 2026, avant de progresser à 3,4 % en 2027.
« Ce chiffre nous invite à la vigilance, mais aussi à l’action », a relevé le ministre.
Sur le plan des prix, l’inflation est passée de -0,2 % au premier trimestre à 0,4 % au deuxième trimestre 2026.
Cette remontée est principalement liée à l’augmentation des prix des transports, consécutive au réajustement des prix des produits pétroliers dans plusieurs pays de l’Union, ainsi qu’à l’évolution des prix du logement et de certains produits alimentaires.
Pour l’ensemble de 2026, l’inflation est attendue à 1 % en moyenne, contre 0 % en 2025.
Les exportations soutiennent les comptes extérieurs
La position extérieure de l’Union s’est, par ailleurs, renforcée au deuxième trimestre, sous l’effet notamment de la progression des exportations d’or, de coton, de cacao et de produits pétroliers.
Ces résultats témoignent du dynamisme des industries extractives et manufacturières, du commerce et des services, ainsi que des perspectives favorables de la campagne agricole 2026-2027.
M. Nacanabo a cependant appelé à la prudence, estimant que ces performances restent exposées aux évolutions de l’économie mondiale, aux situations propres aux différents Etats membres et aux effets du changement climatique.
« Rien n’est définitivement acquis », a-t-il averti.
Le président du Conseil a ainsi appelé à consolider les acquis, réduire les vulnérabilités et transformer les performances conjoncturelles en progrès durable.
La croissance au service de la transformation
Pour le ministre burkinabè, l’enjeu est désormais de transformer la croissance en un véritable levier de développement.
« Nous devons faire de la croissance un véritable moteur de transformation structurelle, de création d’emplois, de résilience et de prospérité partagée », a-t-il déclaré.
Il a estimé qu’une croissance véritablement robuste devait se traduire par une amélioration des conditions de vie des populations et par un renforcement de la capacité des Etats à faire face aux différents chocs.
M. Nacanabo a également salué l’action des responsables des principales institutions communautaires, notamment le président de la Commission de l’UEMOA, le gouverneur de la BCEAO, le président de la BOAD et le président de l’AMF-UMOA.
Marchés publics, protection sociale et justice communautaire
Plusieurs dossiers figurent à l’ordre du jour de la session.
Au titre de la Commission de l’UEMOA, les ministres doivent examiner des projets de directives relatifs à l’harmonisation communautaire des marchés publics.
Ils doivent également se prononcer sur des projets de décision portant adoption de la stratégie régionale de protection sociale de l’UEMOA.
Le Conseil examinera aussi un projet de règlement modifiant le règlement n°02/96/CM de décembre 1996 portant statut de la Cour de Justice de l’UEMOA.
Le recours préjudiciel n°26 FP001.10 et un projet d’avis juridique de la Commission figurent également parmi les dossiers soumis aux ministres.
Au titre de l’AMF-UMOA, le Conseil procédera à l’examen et à l’approbation des comptes de l’exercice de l’institution.
La BCEAO appelée à intégrer le PAPSS
Les ministres doivent également se prononcer sur la participation de la BCEAO au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS).
Ce dossier s’inscrit dans les efforts visant à moderniser et à renforcer l’interconnexion des systèmes de paiement sur le continent.
Le Conseil examinera par ailleurs, au titre de la BOAD, la question de la renonciation aux immunités et privilèges de la Banque dans le cadre de financements mobilisés auprès de plusieurs partenaires techniques et financiers.
« Des résultats visibles et utiles »
Dans son discours, le président du Conseil a appelé à davantage de solidarité et d’efficacité dans l’action communautaire.
« Face aux incertitudes, nous devons proposer la solidarité. Face aux vulnérabilités, la résilience. Face aux défis du développement, l’audace, la cohérence et l’efficacité de l’action communautaire », a-t-il déclaré.
Selon lui, les décisions prises par les instances communautaires doivent répondre aux préoccupations concrètes des populations, des entreprises, des travailleurs et des Etats.
« Nous avons le devoir de consolider les acquis, mais aussi la responsabilité de préparer l’avenir avec ambition », a-t-il souligné.
Il a appelé à des échanges « francs, exigeants et orientés vers des décisions concrètes ».
« L’intégration ne doit pas seulement être proclamée ; elle doit se traduire chaque jour par des résultats visibles et utiles pour nos populations », a conclu Aboubakar Nacanabo, avant de déclarer ouverte la troisième session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union.
TE/Sf/APA





