La présidente de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la juge Charlyne Brumskine, a plaidé pour un renforcement du soutien institutionnel et une mobilisation collective en vue d’assurer l’exécution effective des arrêts de la juridiction communautaire, considérée comme un levier essentiel de l’État de droit et de l’intégration régionale.
Cet appel a été lancé le 22 octobre, à Abuja, au Nigeria, lors d’une visite de travail auprès du président de la Commission de la CEDEAO, le général Birame Diop. La rencontre visait à consolider la coopération entre les deux institutions et à promouvoir des mécanismes permettant de garantir le respect et la mise en œuvre des décisions de la Cour dans les États membres.
Au-delà du rapprochement institutionnel, cette démarche met en lumière un enjeu majeur pour l’organisation ouest-africaine : l’effectivité de la justice communautaire. La portée des arrêts rendus par la Cour dépend en effet de leur mise en œuvre concrète, condition indispensable pour renforcer la confiance des citoyens dans les institutions régionales et crédibiliser les engagements pris par les États.
La réunion s’est tenue en présence du vice-président de la Commission de la CEDEAO, Anthony Oluwatosin Ogunjimi, et du commissaire chargé des services internes, le Dr Kalilou Sylla.
Les échanges ont réaffirmé la volonté commune des deux institutions de renforcer leur collaboration, de défendre l’État de droit et de soutenir l’intégration régionale. Elles ont également insisté sur l’importance d’une justice accessible et de l’exécution effective des décisions communautaires, présentées comme des facteurs déterminants de la bonne gouvernance et de la confiance publique.
Cet enjeu revêt une importance particulière dans la perspective de la Vision 2050 de la CEDEAO, qui ambitionne de construire une communauté pleinement intégrée, pacifique et prospère. La réalisation de cette ambition suppose notamment que les décisions des instances communautaires produisent des effets tangibles au-delà de leur prononcé.
L’appel de la juge Brumskine souligne ainsi la nécessité d’une responsabilité partagée entre les institutions régionales et les États membres pour faire de la justice communautaire un instrument concret de protection des droits et de consolidation de l’intégration ouest-africaine.
Aucune mesure précise ni aucun mécanisme supplémentaire d’exécution n’ont toutefois été détaillés dans les informations communiquées à l’issue de la rencontre.
TE/APA





