Les États-Unis ont exhorté mercredi les institutions de Bretton Woods à revenir à leurs missions fondamentales, en privilégiant la stabilité macroéconomique, la discipline financière et la croissance, tout en critiquant l’élargissement de leurs interventions à des domaines jugés non prioritaires.
Les États-Unis ont plaidé pour un recentrage des missions du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale sur leurs objectifs fondamentaux de stabilité macroéconomique et de réduction de la pauvreté, selon une déclaration du secrétaire au Trésor, Scott Bessent, publiée mercredi à l’occasion des réunions de printemps des institutions de Bretton Woods.
Dans ce document, Washington estime que le FMI a progressivement élargi son champ d’intervention à des domaines jugés éloignés de son mandat, notamment le climat, le genre et certaines questions sociales. Les autorités américaines appellent ainsi l’institution à « revenir aux fondamentaux » en concentrant ses analyses sur les déséquilibres macroéconomiques, les effets de contagion et la stabilité financière.
Les États-Unis saluent toutefois les travaux en cours dans le cadre de la révision de la surveillance (CSR), qui visent à renforcer la pertinence des analyses du FMI et à privilégier des approches fondées sur des scénarios économiques. Ils insistent également sur la nécessité de maintenir une discipline stricte dans l’octroi des prêts, en mettant l’accent sur des conditionnalités robustes, des projections crédibles et des analyses rigoureuses de soutenabilité de la dette.
Sur la question de la dette, Washington appelle à une amélioration de la transparence, à un renforcement des capacités de gestion des pays emprunteurs et à une accélération des restructurations dans le cadre du « Common Framework ». Le Trésor américain met en garde contre l’utilisation des ressources du FMI pour rembourser prioritairement certains créanciers officiels, au détriment des pays bénéficiaires.
S’agissant de la Banque mondiale, les États-Unis demandent un recentrage clair sur la réduction de la pauvreté et la croissance économique, en privilégiant les investissements productifs, le renforcement de l’État de droit et l’amélioration des systèmes de passation des marchés publics. Ils appellent en particulier à l’abandon de l’objectif de 45 % de financement climatique, jugé inefficace et source de distorsions économiques.
Washington plaide également pour une approche énergétique sans restriction, incluant les énergies fossiles et le nucléaire, afin de garantir un accès à une énergie abondante et abordable dans les pays en développement. Les autorités américaines encouragent en outre un renforcement des investissements dans les minerais critiques, considérés comme stratégiques pour la croissance et la sécurité économique.
Par ailleurs, les États-Unis exhortent la Société financière internationale à intensifier ses efforts en direction des pays les plus pauvres et fragiles, rappelant son engagement à y consacrer 40 % de ses nouveaux financements. Ils appellent aussi la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) à accélérer la sortie des pays devenus solvables afin de rediriger les ressources vers les économies les plus vulnérables, un objectif également soutenu via l’Association internationale de développement.
Enfin, Washington insiste sur la nécessité d’une plus grande discipline budgétaire au sein des deux institutions, en appelant à des budgets maîtrisés, une meilleure efficacité des dépenses et un encadrement des rémunérations.
Plus de huit décennies après leur création, les États-Unis estiment que le FMI et la Banque mondiale doivent se recentrer sur leurs missions essentielles afin de rester adaptés aux défis économiques mondiaux contemporains.
AC/Sf/APA







