L’ambassadeur de la Fédération de Russie au Burkina Faso, Igor Alexandrovitch Martynov, a dressé, mercredi à Ouagadougou, un bilan jugé « positif » de la coopération entre les deux pays, marquée par une intensification des échanges dans plusieurs secteurs stratégiques.
S’exprimant face à la presse nationale, l’ambassadeur russe au Burkina s’est félicité des avancées enregistrées dans les domaines militaire, économique, éducatif et culturel, traduisant, selon lui, une volonté commune de renforcer le partenariat entre Fédération de Russie et le Burkina Faso.
Cette dynamique s’inscrit dans le prolongement des rencontres de haut niveau tenues en 2023 à Saint-Pétersbourg et en 2025 à Moscou entre les dirigeants des deux pays, notamment avec la participation du chef de l’État burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, aux commémorations du 80e anniversaire de la victoire soviétique lors de la Seconde Guerre mondiale.
Sur le plan sécuritaire, M. Martynov a souligné que la coopération reste un pilier central, avec la formation continue d’unités burkinabè aux techniques de combat moderne et un renforcement de la coopération militaro-technique. Il a, à cet effet, évoqué les échanges entre le ministre burkinabè de la Défense, le général de division Célestin Simporé, et son homologue russe Andreï Belooussov.
Dans le domaine énergétique, la Russie propose plusieurs projets structurants, dont la construction d’une centrale nucléaire, en appui aux réformes du système énergétique burkinabè. Par ailleurs, une délégation conduite par le ministre russe de l’Énergie, Sergueï Tsivilev, a récemment séjourné à Ouagadougou pour approfondir ces discussions.
Au plan humanitaire, la Russie a contribué à hauteur de plus de 700 tonnes de pois jaunes, évaluées à 2,5 millions de dollars, dans le cadre du Programme alimentaire mondial.
La coopération éducative connaît également un essor, avec 67 bourses accordées aux étudiants burkinabè et l’ouverture d’un centre de langue russe à Ouagadougou en 2025. Sur le plan culturel, la prestation du quintette de la Philharmonie d’État de Novossibirsk a illustré le rapprochement entre les deux peuples.
Par ailleurs, plusieurs accords ont été signés en février 2026, dont la mise en place d’une commission intergouvernementale de coopération économique, scientifique et technique, dont la première session est attendue cette année.
Au-delà du Burkina Faso, Moscou affirme ses ambitions en Afrique, où elle dispose de 45 ambassades et développe des partenariats axés sur l’industrialisation, la formation et le transfert de technologies. Selon M. Martynov, les échanges commerciaux entre la Russie et le continent ont dépassé 27 milliards de dollars en 2025.
Dans un contexte international en recomposition, la coopération entre Ouagadougou et Moscou apparaît ainsi comme un levier stratégique, conjuguant enjeux sécuritaires, économiques et d’influence.
HO/ac/Sf/APA







