En adoptant formellement le texte réglementaire le 26 mai 2026, le gouvernement togolais donne une base légale à la suppression des visas annoncée en avril, consolidant ainsi l’ambition de Lomé de s’imposer comme hub continental.
Ce qui avait été annoncé comme une mesure à effet immédiat en avril dernier est désormais gravé dans le marbre réglementaire. Le Conseil des ministres togolais, réuni le mardi 26 mai 2026 sous la présidence de Faure Essozimna Gnassingbé, a adopté le décret portant exemption de visa d’entrée sur le territoire togolais au profit des ressortissants des États africains, conférant ainsi une assise juridique formelle à cette politique d’ouverture.
Le texte institue un régime d’exemption pour une durée de trente jours au profit de tout ressortissant africain détenteur d’un passeport ou d’un titre de voyage reconnu et en cours de validité, en cohérence avec les termes de l’annonce faite en avril par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel Calixte Batossie Madjoulba.
Le décret maintient les contrôles et formalités d’immigration, de même que le pouvoir des autorités compétentes de refuser l’entrée ou de limiter le séjour de toute personne susceptible de porter atteinte à l’ordre public, à la sécurité nationale ou à la santé publique. La mesure peut en outre être suspendue à l’égard de tout État en cas de menace pour les intérêts fondamentaux du Togo.
La déclaration préalable sur la plateforme gouvernementale voyage.gouv.tg, exigée au moins 24 heures avant l’arrivée, demeure par ailleurs en vigueur.
Avec ce décret, Lomé rejoint le cercle encore restreint des pays africains ayant institutionnalisé la libre entrée pour les citoyens du continent, aux côtés du Rwanda, des Seychelles, de la Gambie, du Bénin et du Ghana. Selon la 10e édition de l’Africa Visa Openness Index de la Banque africaine de développement (BAD), seulement 28,2 % des déplacements intra-africains étaient exemptés de visa à fin 2025.
Le gouvernement togolais présente cette réforme comme un acte d’engagement en faveur du panafricanisme et de l’intégration régionale, en conformité avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine, le protocole de la Cédéao sur la libre circulation des personnes et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), et dans la perspective de faire du Togo un hub régional d’affaires, de tourisme et de dialogue.
AC/Sf/APA






