Le projet de relecture du Code pastoral suscite de nouveau de controverse au Tchad. Dans de récents communiqués, les diocèses de Doba, Goré, Koumra, Moundou et Sarh et le gouvernement s’affrontent. Adopté en 2014 par l’Assemblée nationale, ce projet de code n’a pas été promulgué et suscite de vives critiques.
Le projet de relecture du code pastoral initié par le gouvernement tchadien fait pas l’unanimité. Si dans la partie centrale et orientale, les ateliers zonaux de relecture se sont déroulés sans objection, ce n’est pas le cas dans la partie méridionale.
Dans un communiqué publié le 31 août dernier, les évêques de la zone méridionale, invités à participer à l’atelier de relecture, ont décliné l’invitation.
« La raison : ce projet de Code pastoral soumis à la relecture ne vise pas seulement à la sécurisation de l’élevage au Tchad, mais il est clairement contre les intérêts des paysans », avancent les évêques.
Les évêques estiment que la caution morale et politique apportée à ce projet engage lourdement les institutions et menace l’unité nationale. Ils appellent ainsi les participants à mesurer la gravité de leur implication dans ce processus. « C’est un projet partial, partisan et paysanicide. Un projet de trahison cyniquement assumé au sommet de l’Etat », enfonce le clergé dans son communiqué.
L’Église catholique au sud souligne que si l’agriculture et l’élevage constituent les piliers de l’économie tchadienne, il serait plus juste de soumettre deux textes distincts : un Code pastoral et un Code agricole. Elle insiste pour que leur élaboration ne se fasse pas à huis clos mais au contact direct des communautés concernées, notamment dans les villages, avec l’appui d’organisations indépendantes et impartiales.
Réaction du gouvernement
Dans un communiqué officiel publié le 1er septembre, le gouvernement a rejeté ces accusations. Selon son porte-parole, Gassim Chérif, la démarche du gouvernement « n’est ni partisane ni partiale, mais au contraire cherche avec les populations les solutions idoines pour le développement et la cohésion nationale. »
Cependant, le gouvernement dit relever avec préoccupation l’usage du terme « paysanicide » dans le communiqué des évêques du méridional.
« Une telle expression, lourde de sens, prête à tort une intention malveillante au gouvernement et véhicule un message susceptible d’alimenter la méfiance, la haine et la division », condamne l’autorité publique.
Le gouvernement invite donc les évêques à reconsidérer leur position et à prendre toute leur place au sein de cet atelier de relecture, conformément à leur mission de bâtisseurs de paix et de témoins de valeurs morales et spirituelles.
Il faut rappeler que ce projet de code pastoral adopté par l’Assemblée nationale en novembre 2014 avait été retiré sur instruction du défunt président Idriss Déby Itno, après que des voix ont critiqué le contenu du document.
CA/ac/Sf/APA







