La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD, sigle anglais) a officialisé ce mardi à Bonn, en Allemagne, la passation de pouvoir entre le Mauritanien Ibrahim Thiaw, en poste depuis 2019, et l’Égyptienne Yasmine Fouad, ancienne ministre de l’Environnement.
La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) a entamé ce mardi une nouvelle ère avec le passage de relais entre le Mauritanien Ibrahim Thiaw et l’Égyptienne Yasmine Fouad à la tête de son secrétariat, au cours d’une cérémonie organisée au siège de l’institution à Bonn.
Après six années à la direction de la Convention, M. Thiaw cède sa place à Mme Fouad, ancienne ministre égyptienne de l’Environnement, forte de plus de 25 ans d’expérience dans la diplomatie environnementale.
Ce transfert marque un tournant dans l’histoire de la CNULCD, à un moment où les enjeux liés à la désertification, à la dégradation des terres et aux sécheresses extrêmes se font plus pressants à l’échelle mondiale.
« J’ai vu de mes propres yeux comment des terres dégradées se transforment en paysages restaurés et en moyens de subsistance revitalisés — cette transformation a inspiré chaque étape de mon parcours », a déclaré Ibrahim Thiaw.
Se disant fier d’avoir « contribué à changer la perception mondiale des terres », il a salué les progrès accomplis en matière de restauration et de résilience, et a souligné la dimension humaine de son mandat.
« Je confie à Yasmine Fouad un secrétariat plus fort et plus inclusif, doté d’un nouvel élan », a-t-il dit.
Sous sa direction, la CNULCD a appuyé d’importants projets à travers le monde, notamment la Grande muraille verte (GMV) en Afrique, l’Initiative verte du Moyen-Orient ou encore le Partenariat mondial de Riyad pour la résilience à la sécheresse.
En 2022, il avait également lancé l’Alliance internationale pour la résilience à la sécheresse, en réponse à l’augmentation de ces phénomènes extrêmes.
Tout au long de son mandat, M. Thiaw a veillé à placer les communautés locales, les femmes, les jeunes et les peuples autochtones au cœur des processus décisionnels, tout en insistant sur l’importance des droits fonciers et de l’égalité des genres.
Il a également promu une meilleure synergie entre science et politique, en particulier lors de la COP16, qui a renforcé l’intégration de l’expertise scientifique dans les décisions de la Convention.
La nouvelle secrétaire exécutive, Yasmine Fouad, a salué le travail de son prédécesseur et exprimé sa volonté de bâtir sur les acquis.
« Je suis profondément honorée d’assumer cette fonction (…) En m’appuyant sur les 30 années d’expérience de la CNULCD, je défendrai des solutions intégrées dans les domaines des terres, du climat et de la biodiversité », a-t-elle déclaré.
Ancienne présidente de la COP14 sur la biodiversité et envoyée spéciale pour la COP27 sur le climat, Mme Fouad entend renforcer les partenariats, notamment avec le secteur privé, dont la contribution à la restauration des terres demeure faible — représentant à peine 6 % des investissements, selon une étude de la CNULCD en 2024.
À ce titre, elle poursuivra des initiatives telles que Business4Land, visant à mobiliser davantage de financements privés.
« Ensemble, la CNULCD (…) mènera des actions audacieuses pour guérir nos terres, renforcer la résilience face aux sécheresses, restaurer nos écosystèmes et assurer l’avenir des populations », a-t-elle conclu.
Cette transition intervient à un moment charnière pour l’agenda mondial du développement durable, à l’approche de l’échéance 2030 et de la définition de nouveaux objectifs pour la décennie suivante.
ARD/Sf/ac/APA






