Dans le nord-est du Nigéria, plus d’un million de personnes risquent d’être privées d’aide alimentaire et nutritionnelle d’urgence dans les semaines à venir, en raison d’un manque critique de financements, a averti jeudi le Programme alimentaire mondial (PAM).
La situation humanitaire se détériore rapidement dans le nord-est du Nigéria, où la violence persistante et l’insécurité alimentaire atteignent des niveaux alarmants. Faute de ressources financières suffisantes, le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé qu’il devra limiter son assistance à seulement 72 000 personnes, une première dans le pays, alors que les besoins explosent.
Selon les dernières projections du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), près de 35 millions de personnes en Afrique de l’Ouest et centrale pourraient faire face à une insécurité alimentaire aiguë et grave durant la saison de soudure de 2026. Au Nigéria, l’État de Borno est particulièrement touché, avec environ 15 000 personnes exposées à une faim catastrophique, proche de la famine.
Le PAM, qui assiste chaque année près de deux millions de Nigérians, prévient que l’arrêt ou la réduction brutale de l’aide aurait des conséquences humanitaires, sécuritaires et économiques graves. La recrudescence de la violence a déjà forcé plus de 3,5 millions de personnes à fuir leur foyer ces derniers mois, aggravant la malnutrition, désormais à des niveaux jugés « critiques » dans plusieurs États du nord.
Le Programme alimentaire mondial indique avoir besoin de 129 millions de dollars américains de toute urgence pour maintenir ses opérations dans le nord-est du Nigéria au cours des six prochains mois. Sans ce financement, l’agence des Nations Unies pourrait être contrainte de suspendre totalement son assistance dans la région.
DM/Sf/APA






